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Jean-Luc Le Bras, géographe et membre du Grand-Orient de France, travailla pour le Ministère de la coopération et du Développement ainsi qu’au Ministère des Affaires étrangères pendant quatre décennies.

Il s’est longuement intéressé à la colonisation à travers ses acteurs. Parmi eux les Francs-maçons.

En choisissant de consacrer sa recherche à une loge particulière, il rend compte au quotidien de la vie maçonnique dans le milieu colonial.

La loge « L’Etoile occidentale » fut fondée en 1899. Parmi les cinq fondateurs, se trouve un instituteur. La remarque est importante car les instituteurs francs-maçons joueront un rôle important, souvent indirect, dans l’avènement du processus de décolonisation. Le combat de cette loge pour la République et la laïcité sera tributaire des contextes locaux, nationaux et internationaux.

L’étude proposée s’intéresse aux quarante-cinq premières années de la loge. La période 1914-1920 reste peu connue. Jean-Luc Le Bras a eu accès à des informations incomplètes mais généralement de première main. Il a choisi une présentation thématique, plutôt que chronologique, afin de dégager les lignes de force de cette histoire.

Parmi les thèmes retenus, nous trouvons celui des hommes concernés, côté africain, la création de la loge qui a pu être reconstituée, les combats de la loge de 1899 à 1945 (querelles fratricides – combats contre l’administration coloniale – combats pour la laïcité et contre les religieux – combats pour la République – combats pour l’émancipation d’une élite noire – résistance aux autorités de Vichy), le travail de la loge, les acteurs de l’histoire…

Les travaux de la loge traitent aussi bien de la construction du temple que des questions de société en particulier le rôle de l’école.

Si les documents étudiés permettent de distinguer nettement le militantisme maçonnique, ils montrent aussi des paradoxes typiques de la complexité humaine :

« Cette étude, nous dit l’auteur dans sa conclusion, a permis aussi d’exprimer ce paradoxe de Francs-maçons qui, en loge, privilégient ce qu’on pourrait appeler une « endogamie métropolitaine » (bien qu’à nuancer car des originaires des Antilles ou de la Réunion y trouvent leur place sans difficulté) mais qui, dans l’espace public, défendent les intérêts des populations sous tutelle et militent politiquement de concert avec ceux qui deviennent des leaders emblématiques, Blaise Diagne, et plus tard Lamine Gueye, ou Amadou Assane Ndoye. Paradoxe dans le paradoxe, c’est avec le Franc-maçon Blaise Diagne que les relations seront les plus difficiles, voire conflictuelles.

Ces Francs-maçons, divers par leurs origines géographiques ou professionnelles, témoignent cependant d’une sociabilité particulière relativement homogène qui les identifie bien dans le paysage colonial de cette période. »

Sans généralisation possible, l’étude très conséquente de Jean-Luc Le Bras permet un regard sur la Franc-maçonnerie au Sénégal et plus largement en Afrique de l’Ouest.

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