Friedrich Wilhelm Quintscher et la Fraternité de Saturne (Fraternitas Saturni)

De nombreux chercheurs en sciences occultes reprochent à la France son égocentrisme, tournant autour de quelques grandes figures bien connues, telles que Eliphas Lévi ou Papus. Vincent Mercier se propose ici d’aller à contre-courant de cette tendance et de nous faire découvrir la scène allemande de l’occultisme. Un retour en arrière d’un siècle, dans l’entre-deux guerres des années 20, et qui nous fera entrer dans les arcanes secrètes de ces sociétés au riche passé, entre Munich, Berlin et Dresde. Cela autour de la figure angulaire de Friedrich Wilhelm Quintscher.

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F. W. Quintscher (1893-1945) est un occultiste allemand qui a écrit de nombreux ouvrages sur la magie sous le nom de plume de Rah Omir-Quintscher. Si Vincent Mercier étudie depuis vingt ans la vie et l’œuvre de Quintscher, c’est bien parceque ces deux éléments constituent les deux piliers qui permettent de comprendre le « système » Franz Bardon. Système qui fut la passion première de Vincent. 

Friedrich Wilhelm Quintscher : le père spirituel de Franz Bardon.

Depuis la création de son Orden des mentalischen Bauherren, son entrée en 1926 au sein de la Fraternitas Saturni créée par Eugen Grosche (1888-1964) et ses liens avec la Société Adoniste (Loge Hécate en particulier) créée par Franz Sättler (alias Dr Musallam) (1884-1942), Vincent Mercier dresse ici un panorama exhaustif des grandes figures de la scène ésotérique allemande.

Des Freimaurer-Orden des Goldenen Centuriums à Aleister Crowley...

Un panorama dans lequel, on retrouve la présence de la loge maçonnique de sombre réputation la FOGC, « Freimaurer-Orden des Goldenen Centuriums », mais aussi, et c’est plus inattendu, celle du britannique Aleister Crowley.

Un passage particulièrement fugace puisque Crowley fut suspecté d’espionnage par les autorités allemandes et chassé du pays…  La patience des Allemands serait-elle plus limitée que celle des Italiens ? Allusion au séjour de Crowley en Italie, à Cefalu (Sicile) qui aura duré plus longtemps mais qui se finira de la même façon.

Un premier exposé passionnant où se mêlent histoire, politique, psychologie des protagonistes - leurs découvertes pratiques aussi - sans oublier quelques articles de presse inédits sur ce milieu. Exposé qui sera suivi d’un second, intitulé « De l'Adonisme à Franz Bardon » (novembre 2023).

Extrait de la vidéo

Bonjour. Tout d'abord, je tiens à remercier Baglis TV de m'avoir invité aujourd'hui. Et je vais présenter un travail qui a commencé en 1992. À l'époque, j'étais à Lille, au service militaire.

Et en passant devant une librairie ésotérique, j'ai vu un ouvrage que j'avais vu 4 ans auparavant, qui était un livre de Franz Bardon qui s'intitulait « Le chemin de la véritable initiation magique ». Quand j'ai eu ce livre en main, son contenu était riche, était particulier. Et j'ai décidé d'acheter des autres livres, car j'avais su qu'il y avait deux autres ouvrages qui étaient parus de Franz Bardon, dont un qui était « La magie évocatoire ».

Dans « La magie évocatoire », il y a eu quelque chose de surprenant. J'ai vu une multitude de seaux, de seaux magiques, de sidilés, environ 600, dont je n'avais pas connaissance auparavant. Jamais je n'avais vu ces seaux dans aucun livre de magie, grimoire, manuscrit ou tapuscrit. Et j'ai décidé à partir de ce moment de rechercher la provenance de ces seaux.

J'ai rencontré différents obstacles, différents problèmes. C'était la barrière de la langue, parce que je ne parlais pas de langue étrangère. Et tous les documents vers lesquels ma recherche me tournait étaient des documents en langue allemande, tchèque, polonaise ou anglaise. J'ai recherché, et tout doucement un nom est apparu, le nom de Friedrich Wilhelm Kintscher.

A partir de ce nom, j'ai commencé à faire des recherches, à pousser un peu plus loin. Donc Friedrich Wilhelm Kintscher, il est né le 3 octobre 1893 à Nausonne, en Saxe. Il y a son acte de naissance que je vais vous lire. En 1893, M.

Friedrich Wilhelm Kintscher, père, cordonnier, résident au 118 rue Schutzengasse à Naussonne, a reconnu et signé devant un fonctionnaire de l'État que son épouse Anna Lina avait accouché de leur fils dans leur appartement le 3 octobre à 16h. Le nouveau-né a été baptisé Friedrich Wilhelm. Comme on peut s'en apercevoir, Friedrich Wilhelm porte les mêmes prénoms que son père. Donc il faudra faire attention qu'on ne confonde pas à un moment donné.

Alors il a une vie particulière. Et on va aller voir sa vie profane, parce que c'est intéressant de voir un peu par où il est passé dans sa jeunesse. C'est très important pour comprendre la suite des événements. A 3 ans, il va perdre sa mère.

Son père ne pouvant pas le garder, il va l'envoyer dans sa famille. Et il va aller chez une mère adoptive. Il va y rester jusqu'à l'âge de 12 ans. Et cette mère adoptive va décéder à son tour.

Il va alors encore aller dans des personnes de la famille. Et là il va se retrouver chez une jeune femme célibataire. Chez qui il va terminer sa scolarité jusqu'à ses 14 ans. Et à la fin de sa scolarité, il va rentrer au séminaire.

Donc il va aller à Leipzig dans une école évangélique. Et au bout d'un an, il va apprendre le latin. C'est une école qui est très dure. Et mentalement, Wilhelm Kintscher craque.

Il fait une déprime. Le médecin le renvoie après avoir examiné. Et il se dit qu'il ne pourra pas continuer pour faire son séminaire. Donc il est renvoyé dans la famille.

Il va se rétablir tout doucement, prendre des conseils auprès de ses proches. Il précise quelque chose qui est marrant et qui est intéressant aussi pour savoir un peu ses origines. Il va préciser qu'il a envie de fuir le climat bourgeois qui l'entoure. Et il va dire aussi à un moment donné, à une autre période, qu'il était d'une famille praticienne flamande.

Alors les familles praticiennes flamandes n'étaient pas des nobles. C'était soit des aristocrates, soit des bourgeois. Donc ce qui peut nous renseigner un peu sur son milieu de vie, c'est qu'il était quand même dans un milieu de vie important, aisé. Et donc ce milieu-là, il a envie de le fuir.

Il a envie de fuir un peu tout ce qu'il vient de vivre à l'école, etc. Et il va partir de nuit. Il fait son baluchon. Et on est en 1910.

Il n'a que 16 à 17 ans. Et il s'en va de nuit. Pendant 6 semaines, il va vivre à Hambourg avec de parfaits inconnus. Et à cette période-là, il va rencontrer une personne.

Il va aller faire des annonces pour trouver du travail. Il va partir sur Dounen, où le maire va l'apprécier, va le prendre un peu sous sa coupe. Et au moment de la Toussaint, il va partir pour Hochstedt, avec le frère du maire. Et celui-ci, en fait, veut lui faire faire l'école agricole.

Il veut ensuite qu'il parte dans l'artillerie de marine et qu'il se marie avec une fille de la communauté qu'il va hériter d'une ferme. Et voyant ça, Willem Kinscher prend un peu peur. Il n'a pas envie de s'enfermer tout de suite dans une relation. Voilà.

Et il va partir avec un ami de fortune, un compagnon de route. Et il va partir vers la Belgique. Donc là, on est en 1911. Il va trouver des petits boulots.

Il va travailler dans des bars, faire éplucher en pommes de terre. Il va faire plein de petits boulots. Il va découvrir vraiment toute la région de la Belgique, les personnes, un peu le... Et après ça, on va le retrouver en France, à la frontière française.

Il va aller à la forteresse de Longueuil, où il a envie de se faire enrôler dans la Légion étrangère. Alors l'examinateur va le recaler. Mais il va lui dire quand même peut-être que sur Toulon, vous auriez plus de chance. Et donc Willem Kinscher va partir sur Toulon.

Donc il redescend tout doucement. Et là, il va se faire arrêter. Donc on est au mois de novembre 1911. Et il y a un article qui relate que je vais vous lire, qui est un article d'un journal français que j'ai réussi à retrouver.

Donc c'est dans le journal Le Messin. Et il apparaîtra aussi dans Le Lorrain, qui sont deux journaux de l'époque. Et il est dit donc que Frédéric Guillaume Kinscher, né le 3 octobre 1893 à Naussonne, en Saxe, domestique en dernier lieu à Redange, se présenta à Longueuil le 14 novembre dernier pour se faire enrôler dans la Légion étrangère. Il fut toutefois reconnu impropre au service.

Le lendemain matin, il revint à Audin-le-Tige, où un gendarme procéda à son arrestation. Il encourt 6 semaines de prison, dont à déduire la prévention. Alors cet article-là, il est important parce qu'à l'heure actuelle, la seule biographie qu'on a de Willem Kinscher est celle qu'il a écrite lui-même et qui a été publiée dans un très beau livre de Volker Leischler, qui est « Les premières années de la fraternitas saturnie ».

Et on n'avait pas moyen de voir si ce que Willem Kinscher avait mis dans cette biographie était vrai. Mais avec ces articles de journaux d'époque, qui attestent vraiment de son passage en France comme il l'a stipulé dans sa biographie, permettent de voir que Willem Kinscher n'a pas brodé, n'a pas inventé son parcours. Et donc ça, c'est important pour la suite de tout ce qu'il va nous présenter. Donc après son arrestation, il est renvoyé à Nossen.

Il ne va pas y rester parce que je pense que le climat avec son père doit être un petit peu difficile. Donc il préfère repartir sur le nord, à Eltenwald. Et là, il va retrouver un travail. Et ce travail-là, le salaire est insuffisant.

Il repart sur Katowice, donc là en Tchécoslovaquie. Il va aller à peu près à 140 km de Prague. Il va avoir un travail où il se plaît beaucoup,

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