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Libre de toutes pensées de Râmana Mahârshi

Râmana Mahârshi incarne la non-dualité au sein de la dualité du monde. Sa présence adamantine est une opportunité pour tout chercheur.

Patrick Mandala présente et traduit ces propos inédits de Râmama Mahârshi en trois parties. La première traite des satsangs, instructions spirituelles, la deuxième consiste en un « bouquet d’instructions spirituelles, instructions, pratique, expérience, réalisation, la troisième est un journal, établi par Swâmi Annamalai, lors d’un satsang avec Râmama Mahârshi. Les paroles de Mahârshi sont succinctes, directes.

Il évite les longs développements, utilise des métaphores et des images pour favoriser l’expérience plutôt que le concept. Ces paroles sont inséparables de sa présence, de ses silences, de ses regards qui fondent, plus que les mots, la transmission, qui est présence du Soi. Cependant, les mots ont ici leur propre force de libération. Les sujets abordés sont nombreux : lâcher-prise, illusion, méditation, le cœur, le libéré, la mort, la non-dualité… Mais quelle que soit la question, le propos ne relève que du Soi et ne vise que le Soi.

Exemples :

« Nombreux sont ceux qui méditent sur certains centres dans le corps jusqu’à ce qu’ils se fondent en eux, mais, tôt ou tard, ils devront investiguer quant à leur véritable nature – c’est inévitable. Aussi, pourquoi ne pas vous concentrer directement sur vous-même jusqu’à ce que vous soyez établi dans votre propre Source ? »

« La véritable renaissance est la mort de l’ego pour renaître dans l’Esprit. C’est la signification de la crucifixion de Jésus. Quand l’identification avec le corps existe – un corps est toujours disponible – que cela soit dans celui-ci ou dans tout autre, il existe jusqu’à ce que disparaisse ce sens de l’identification au corps en se fondant avec sa Source – l’Esprit, ou le Soi. […]

Bien qu’elle soit indestructible par nature, par une fausse identification avec son instrument impermanent – le corps – la conscience s’imprègne d’une fausse appréhension de sa disparition. C’est la raison pour laquelle l’être essaie de perpétuer cet instrument, d’où résulte une suite de renaissances sans fin. Mais quelle que soit leur durée de vie, ces corps arrivent à leur fin, et rejoignent le Soi, qui seul demeure pour toujours. »

Si Râmana Mahârshi insiste sur la pratique, une pratique totalement dépouillée, il rappelle la permanence de la Grâce, nature même du Soi, souvent actualisée par le guru. La pratique est la prise de conscience permanente de la non-séparation. Différentes méthodes peuvent être nécessaires pour favoriser la pratique jusqu’à l’établissement dans sa propre nature.

Ramana Mahârshi fait usage d’une discrimination totale et bienveillante. Il clarifie et ouvre les voies vers le simple.

« Il est vrai, confie Patrick Mandala dans un avant-propos, que Râmana Mahârshi s’inscrit dans le cadre d’une pureté et d’une simplicité d’être confondantes. S’il évolue dans le cadre traditionnel de l’Advaïta et de l’Ajata-vâda, de la non-dualité absolue, il donne voie à cette doctrine millénaire en incarnant l’unicité de jnâna et bhakti, connaissance du Soi et dévotion au divin, au sadguru, et à toutes les créatures, tout en restant libre de toute « mission », de toute dépendance et de tout attachement. Il a toujours affirmé ne pas être un « guru », ni avoir de « disciple », ni même « enseigner » quoi que ce soit à qui que ce soit – comme Mâ Anandamayï, d’ailleurs.

Le Sage affirme sans cesse la vérité de l’Être, sous une forme ou sous une autre : connaissance et amour sont indissociables, comme le feu et sa chaleur. D’ailleurs ses deux mots-mantras ne sont-ils pas « Silence » et « Cœur » ? Tous deux résument l’homme et sa transmission – ou, pour être plus juste : ce dont il témoigne. » Un livre précieux.