Alain Chevillat, semeur du Vivant

Contrairement à nombre de ses contemporains qui face à la déliquescence du monde moderne adoptent une attitude attentiste, Alain Chevillat, lui, agit, organise. Ses structures proposent  une multitude d'activités : édition, voyages, retraites spirituelles. Toutes ces activités convergent vers un même but, une même utopie : le rétablissement d'un monde plus harmonieux, où l’homme ne se considèrerait pas comme omniscient et omnipotent, et où la quête, la dimension spirituelle, serait replacée au centre de la vie.

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51:17
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Jeune homme en rupture avec son milieu, oscillant entre révolte, révolution et milieux alternatifs, Alain Chevillat part à 29 ans en Inde pour un séjour de dix-huit mois dans un ashram. Après des mois d'intense méditation, il est touché par la Grâce et lors d’une illumination, il reçoit les réponses à ses questionnements sous la forme de phrases tirées des évangiles. Il ressent alors dans son corps l’adage « privé du divin l’homme est mutilé » (Marie-Madeleine Davy) et prend conscience que la réalisation spirituelle n'est pas l'apanage d'une tradition particulière mais au contraire une expérience universelle. 
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Alain Chevillat se définit lui-même comme un homme d'action dans la lignée du karma yoga. Le second volet de son enseignement sera donc la lecture des oeuvres de Gandhi sur la réforme de la société. Une lecture qui le confortera dans sa mission de réorienter la société française vers la spiritualité.
Tous les éléments fondateurs pour le début de l'aventure de Terre du Ciel sont ainsi réunis . "Il faut le faire savoir" devient alors le leitmotiv d'Alain Chevillat. 
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"Retrouver la réalité essentielle de l'homme, son fondement et faire savoir que cela existe, telle deviendra la mission de Terre du Ciel » nous confie Alain Chevillat . 
Le succès tant qualitatif que quantitatif (chose rare de nos jours !) est au rendez-vous….  Alain Chevillat reste cependant d’une humilité qui ferait pâlir tout « chef d’entreprise » - et ce qui l’honore – « tu as droit à l’action mais pas à ses fruits » nous rappelle-t-il, en citant la Bhagavad Gita.

Interview réalisé par Virginie Durand, et enregistré au Forum 104.

Extrait de la vidéo

Alain Chevillat, bonjour, bonjour, j'ai le plaisir de vous accueillir aujourd'hui sur ce plateau.

Pour ceux qui ne vous connaîtraient pas, je dirais très simplement que vous êtes directeur fondateur de Terre du Ciel.

Or, ce qu'est Terre du Ciel, nous aurons évidemment l'occasion d'y revenir.

Pour l'heure, je voudrais parler de votre actualité.

Votre actualité très proche, c'est le 24e Forum Terre du Ciel, le 24e, il en faut de la pugnacité pour tenir sur la longueur, il s'appelle « Bâtir l'avenir, résistance et création », ça aura lieu le 11, 12 et 13 juin, c'est le week-end de la Pentecôte, avec à la clé 70 intervenants venus du monde entier, pour nous parler au centre des congrès d'Aix-les-Bains, en Savoie, pour nous parler de quoi finalement ?

De bâtir l'avenir, de bâtir l'avenir, disons que dans beaucoup de milieux, on est conscient que la société actuelle, elle est un petit peu en fin de course, elle est en train de s'épuiser, et on voit tout ce qui ne va pas, on voit tous les défauts du système actuel, et beaucoup de personnes essayent de voir en fait vers quoi on devrait aller, c'est-à-dire qu'est-ce qu'on pourrait faire qui changerait les choses de façon positive par rapport à ce qui existe aujourd'hui ? Et donc ce forum, bâtir l'avenir, réunit beaucoup de personnes qui sont engagées d'une part dans cette réflexion, d'autre part dans une résistance à l'inacceptable de la société d'aujourd'hui, mais surtout qui sont engagées dans des créations qu'on considère aujourd'hui alternatives parce qu'elles ne correspondent pas au schéma actuel, mais qui en fait préfigurent ce que demain devrait être. Donc il va y avoir, je dirais ces trois choses, il y a des grands de réflexion, il y a des grands résistants, et il y a des grands créateurs qui sont en train de fabriquer les laboratoires pour demain.

Votre autre actualité, c'est ce livre qui est paru fin 2010, Les Semeurs du Vivant, sous-titre L'Aventure de Terre du Ciel, c'est paru aux éditions Terre du Ciel puisque Terre du Ciel est aussi, et même je dirais que c'est historique, une maison d'édition.

Alors ce livre, moi j'aimerais vous faire part de la manière dont je l'ai reçu, peut-être pour amorcer comme ça notre discussion. D'abord j'ai envie de dire que c'est un récit chronologique, c'est un récit qui s'inscrit dans le temps, c'est un récit sans phare et sans concession, c'est-à-dire qu'on vous voit, vous Alain Chevy, il y a un jeune homme, 30 ans, on vous voit grandir, on vous voit marcher, on vous voit prendre des risques, on vous voit prendre des claques, on vous voit, vous tapez la tête contre des murs assez solides, on vous voit avoir parfois de temps en temps des espèces de velléités égotiques, mais surtout, surtout, on assiste à quelques petits miracles. Les petits miracles qui sont des miracles de rencontre, des miracles de joie, des miracles de simplicité, des miracles d'équipe, des miracles d'un ensemble qui peu à peu se crée. Alors cet ensemble qui se crée, je n'ai pas envie de dire qu'il se construit ou qu'il s'édifie parce que c'est quelque chose de trop rigide par rapport à ce dont il est question, j'ai envie de dire que c'est un travail plutôt qui se fait dans la fluidité. Vous me disiez tout à l'heure Terre du Ciel c'est une structure, mais est-ce que c'est vraiment une structure et si c'est une structure, de quel type de structure s'agit-il ? Oui c'est une structure parce que le mot structure il est vague, donc il convient très bien. Bon la plupart des gens pensent que Terre du Ciel est une association juridiquement, en fait non, pour des raisons historiques, comme on a commencé par l'édition, on avait créé une SARL, donc Terre du Ciel juridiquement est une SARL, Terre du Ciel a commencé par faire de l'édition et de livres et puis d'une revue qui s'appelait Terre du Ciel, mais très vite on s'est senti un peu frustré par un manque de rencontres vivantes et donc on a organisé, on a voulu organiser des rencontres entre les auteurs de nos articles et puis les lecteurs. Donc ça a pris la forme tout d'abord de conférences, puis on a trouvé que les conférences c'était bien court, donc on a fait des week-ends, on a trouvé que les week-ends c'était bien court, on a fait des semaines, on a trouvé que les semaines finalement c'était bien court, on a fait des universités d'été, on a fait une université du désert où ça dure deux mois ou trois mois, on a voulu aller voir à la source, c'est-à-dire dans les pays, notamment en Inde, mais pas uniquement en Inde, donc on a créé une agence de voyage, etc. C'est devenu quelque chose de très multiforme, à la fois de vaste et de multiforme, donc qui n'est pas du tout spécialisé dans les moyens, dans les outils et dans les métiers, puisqu'on fait je crois cinq ou six métiers différents. Par contre, on est absolument très clair sur l'objectif qui est de créer du vivant, on va dire pour reprendre le titre de livre, c'est-à-dire en fait de faire découvrir, pour employer une expression un petit peu ésotérique, de faire découvrir la quatrième dimension de la vie, ce qu'on appelle communément la spiritualité. Et ça c'est le fond de Terre du Ciel, c'est d'aider les personnes à accéder à la dimension spirituelle de l'existence de façon expérientielle. Souvent on la connaît de façon intellectuelle, théorique, etc., mais nous ce qu'on veut c'est aider les gens à y accéder de façon expérientielle et on est aussi des militants de la société, on voudrait une société qui soit fondée sur les valeurs spirituelles, ce qui n'est absolument pas le cas aujourd'hui.

Quelles sont les bases et les fondements de justement cette expérientielle dont vous parlez ? Parce que vous avez parlé d'une structure multiforme, je ne voudrais pas que dans l'esprit de ceux qui nous regardent, ils aient l'impression d'une espèce de patchwork comme ça, de justaposition, quelque chose qui est répioché à droite, à gauche, quelque chose de très syncrétique. Si on revient justement aux bases et aux fondements, vous avez parlé de l'Inde mais pas seulement, est-ce que vous pourriez nous dire quelles sont justement ces sources auxquelles vous vous abreuvez ?

Je pense que pour comprendre, il faut en revenir à l'histoire et c'est pour ça qu'en fait ce livre a une forme extérieure d'un récit historique qui suit l'histoire du développement de Terre du Ciel. Le but ce n'était pas de donner cette histoire, le but c'était de faire comprendre les valeurs qui nous animent et le pourquoi de toutes ces choses que l'on fait. Pour moi c'est très difficile de le dire de façon abstraite, de le dire de façon théorique, ce n'est pas ma nature, je suis un homme d'action, je suis un homme du concret, je peux raconter des histoires, je peux faire des récits, mais faire des développements théoriques de style universitaire, ce n'est pas du tout mon truc, je ne sais pas faire. Alors je l'ai fait sous forme de récit.

Donc si vous voulez, je peux répondre à votre question à travers un petit récit rapide si vous voulez.

Bien sûr.

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