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La connexion cerveau intestin du Dr Ermeran Mayer

Les recherches sur le microbiote sont devenues ces dernières années centrales pour la compréhension du corps humain mais aussi du système cybernétique corps-émotions-pensées. Le « deuxième cerveau » est en passe de devenir le premier centre d’intérêt de nombreux scientifiques. Un langage biologique commun permet une communication précieuse entre le cerveau, l’intestin et la flore intestinale.

Il existe remarque l’auteur une intimité remarquable entre les microbes et les cellules immunitaires intestinales ou « les nombreux capteurs cellulaires qui encodent nos sensations intestinales. En d’autres termes, ils vivent en contact intime avec les systèmes de collecte d’informations les plus importants de notre corps. ».

Il existe un dialogue entre le cerveau et l’intestin relatif aux états émotionnels. Ermeran Mayer pose en introduction à l’ouvrage ces questions passionnantes : « les interactions entre la flore intestinale et le cerveau peuvent-elles affecter nos émotions fondamentales, nos relations sociales et même notre capacité à prendre des décisions ? Un bon équilibre de nos icrobes est-il une condition préalable de notre santé mentale ? L’altération du lien entre le cerveau et l’intestin peut-elle augmenter les risques de troubles neurologiques chroniques ? »

L’auteur fait état de corrélations possibles entre l’état affecté du microbiote avec des neurodivergences comme l’autisme, des maladies auto-immunes, la dépression ou encore la maladie d’Alzheimer. C’est un pan entier de la recherche qui est désormais ouvert et dont les résultats sont prometteurs. C’est un nouveau paradigme qui nous est proposé :

« Cette nouvelle compréhension, explique l’auteur, implique que nous soyons plus exigeants vis-à-vis de notre système de santé. Il faut s’écarter de la vision dominante, mais dépassée du corps comme une machine complexe composée de différentes parties séparées pour adopter l’idée d’un système écologique hautement interconnecté, dont la variété de ses composantes crée stabilité et résistance face aux perturbations. Comme l’a affirmé un célèbre chercheur sur le microbiome, nous devons faire en sorte que le système de santé cesse de déclarer la guerre à des cellules ou des microbes isolés et commence à considérer le microbiome intestinal comme un sympathique garde forestier contribuant à maintenir la biodiversité d’un écosystème global et complexe. Ce changement de paradigme est essentiel si l’on veut maintenir la santé et la résistance de notre intestin, et donc de tout notre organisme, face à la maladie. »

L’ouvrage du Dr Mayer, très étayé et cependant très accessible, établi la réalité de cette connexion entre le cerveau et l’intestin. La première partie est consacrée à la nature et la fonctionnalité de cette relation. Comment l’esprit communique avec le cerveau et comment l’intestin s’adresse au cerveau. C’est un véritable langage microbien qui se dessine, aux assises anciennes et à la finalité bienveillante. Le microbiote vise l’harmonie globale du corps et évite les méthodes de régulation agressives.

« Il est désormais évident que les microbes intestinaux exercent davantage qu’un simple rôle privilégié dans le corps humain. Pour reprendre les mots du spécialiste du microbiome David Relman, de l’université de Stanford : « Le microbiote humain est un composant fondamental de ce qu’être humain signifie. » Outre leur rôle indispensable dans la digestion de la plupart des aliments, les microbes intestinaux ont une influence étendue et totalement inattendue sur les systèmes cérébraux de contrôle de l’appétit et de gestion des émotions, sur notre comportement et même sur notre esprit. Ces créatures invisibles vivant dans notre appareil digestif interviennent dans la façon dont nous nous sentons, dont nous prenons des décisions intuitives, ainsi que sur le développement et le vieillissement de notre cerveau. »

La deuxième partie de l’ouvrage développe une nouvelle compréhension des émotions. L’auteur aborde notamment l’effet des premières expériences de vie sur le dialogue intestin-cerveau et l’influence du microbiote sur nos prises de décisions intuitives. L’état de notre microbiote affecte nos émotions et donc notre pensée. Le régime alimentaire, l’absorption de médicaments chimiques, le stress, modifie notre microbiote et sa relation avec le cerveau de manière significative. C’est pourquoi la dernière partie de l’ouvrage recherche les voies d’une optimisation de notre santé cérébrale et intestinale. Cette démarche place en son coeur la question de l’alimentation. L’alimentation industrielle et nos modes de vie irrespectueux des rythmes naturels agressent le microbiote de manière récurrente. C’est donc notre mode de vie, notamment alimentaire que le Dr Ermeran Mayer nous invite à réformer.

La découverte de l’importance du microbiote n’annonce pas seulement une révolution médicale mais aussi une révolution sociétale. En étant davantage à l’écoute de notre ventre, nous serons aussi plus à l’écoute de l’autre et de nos environnements.