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Dictionnaire vagabond de la pensée maçonnique de Solange Sudarskis

Il existe déjà plusieurs dictionnaires maçonniques. Celui-ci se veut vagabond et apporte une dimension absente des dictionnaires précédents en introduisant le dialogue avec d’autres cultures ou disciplines traditionnelles. Ainsi, il donne de la matière à la pluralité des symboles et encourage une véritable démarche symbolique.

Le lecteur retrouvera les entrées classiques d’un dictionnaire maçonnique mais aussi d’autres entrées ayant trait à la kabbale, à l’alchimie, à la gnose, à l’éthique, à la mythologie, à la philosophie notamment.

Ainsi, pour le nombre Sept, Solange Sudarskis évoque de nombreuses références, Pythagore, Avicenne, les Dogons, Blanche-Neige et mes sept nains, entre autres avant d’en venir au contexte maçonnique.

Dans ses prolégomènes, l’auteur pose les fondements de son dictionnaire et, en quelques pages livre des réflexions de première importance :

« Le symbole est un médiateur, une représentation, une évocation qui dissimule, dans un signifié, dans sa forme, dans ses mots, un signifiant sédimenté par le questionnement ontologique de ceux qui se penchent sur le mystère de l’Être. Ne recouvrant pas d’obscurantisme, il dévoile, il révèle une connaissance du monde toujours plus vaste qu’une parole enfermerait et réduirait dès lors qu’elle se donnerait à entendre sous forme de discours. Le signifiant, c’est la moitié visible du symbole. Le signifié, ce à quoi renvoie le signifiant, c’est la moitié invisible, ce qui positivement ne peut être ni vu, ni nommé, mais seulement évoqué, suggéré. La pensée symbolique permet, justement, de prendre contact avec ce que l’intelligence, dans sa finitude, ne peut pas comprendre ; elle essaie de ramener l’invisible par le visible afin de donner à penser, établissant un pont entre la réalité vécue et celle d el’univers, un pont de compréhension, un pont de sensibilité. »

Et à propos de l’assassinat de Maître Hiram :

« Le « Dieu qui meurt » est, bien évidemment, dans une culture héritée du temps où les hommes devaient se confronter avec les éléments, l’amant de la Grande Déesse parce que le ventre de la Femme-Mère est aussi le centre de la Terre-Mère. Ce dieu est lié aux cycles et, particulièrement, à ceux relatifs à la fécondité et à la végétation ; son existence et ses mythes sont rythmés par les mouvements de la Lune. « Puisqu’on n’a pas réussi à comprendre le religieux à partir de la philosophie, il faut renverser la méthode et lire la philosophie à la lumière du religieux », écrit René Girard dans Des choses cachées depuis la fondation du monde. Les traditions révèlent exactement le même Secret ineffable, mais prennent des multiples colorations en réceptacles divers et variés comme le sont les rituels des différents rites. »

La présentation alphabétique de ce dictionnaire en fait un outil pratique mais il est aussi une mosaïque invitant à une exploration libre ou seulement suggérée par les renvois offrant ainsi au lecteur une multitude de chemins pour approcher la tradition.