Du Pardon

Sujet moral, religieux et initiatique, le "pardon" pose de multiples questions. Jean Pataut l'explore dans une large perspective, allant du pardon de l'homme au pardon de Dieu dans les Ecritures, du pardon individuel au pardon collectif. Pardonner à autrui et se pardonner à soi-même, telle est la problématique de l'auteur qui nous pousse à une réflexion intérieure.

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Extrait de la vidéo

Il n'est pas mauvais, au départ, de relativiser le pardon et de le situer dans un contexte plus large.

Il y a deux autres opérations qui se rapprochent du pardon.

C'est l'aumône et le jeûne. C'est assez paradoxal.

Ces trois opérations ont en commun un abandon délibéré.

Dans le cas du pardon, c'est l'abandon d'une rancœur.

Dans l'aumône, c'est un abandon, disons, monétaire.

Et dans le jeûne, c'est un abandon physiologique.

C'est-à-dire qu'il y a deux opérations qui se rapprochent du pardon.

C'est l'aumône et le jeûne.

Dans l'aumône, c'est un abandon, disons, monétaire.

Et dans le jeûne, c'est un abandon physiologique.

Mais dans les trois cas, il y a un lâcher-prise.

Là, c'est l'un des mots-clés du thème.

Il y a un lâcher-prise et on élague par là, dans les trois cas, des branches mortes.

Autrement dit, et on est déjà au cœur de notre sujet, on est dans un processus de purification.

Disons, pour en payer un grand mot, de catharsis.

C'est une façon, dans les trois cas, de laisser tomber des valises inutiles.

Dans l'islam, ces trois opérations, le pardon, l'aumône et le jeûne, sont assez reliées et vivement recommandées.

Ceci dit, des trois, le pardon est le plus intérieur, parce que sa poche ou sa graisse, ce n'est quand même pas vraiment soi-même, tandis que les rancœurs de l'âme, c'est plus intérieur.

Et comme le pardon est le plus intérieur des trois, c'est sans doute le plus opératif en ce qui concerne la purification.

Il y a d'autres opérations que ces trois-là pour purifier, pour abandonner les trop-pleins, par exemple, il est recommandé de vider ses placards de tous les objets qui n'ont pas été utilisés depuis un an.

C'est encore un peu le même processus, toujours pour relativiser le pardon.

Il implique toujours une offense, vous me direz que c'est évident, mais il n'est pas mauvais de le rappeler, et dans un deuxième temps, il implique une décision de l'offenser, de ne pas s'en prévaloir de cette offense.

Et cette décision, elle doit être prise non seulement dans le domaine extérieur à l'égard de l'offenseur, mais elle doit recevoir un comportement intérieur.

C'est un autre élément du pardon.

Toute chose qu'on dit rarement, n'est-ce pas ?

Autrement dit, le pardon suppose, d'une part, un acte de volonté, une sorte de choix plus ou moins conscient, et d'autre part, un authentique lâché prise en sincérité avec soi-même.

Ce sont des rappels, mais utiles.

Nous allons suggérer trois thèmes de réflexion.

D'abord, quels sont, pour l'offenser, les chemins du pardon, dans un premier temps.

Ensuite, nous dirons quelques mots du pardon de Dieu ou des mécanismes cosmiques, et je vous dirai pourquoi je lis ces deux expressions.

Et enfin, on commentera deux paroles de Jésus sur le pardon.

Alors, première partie, quels sont les chemins du pardon ?

Alors, au départ, éludons le problème pour l'offenseur, parce que ça relève de l'évidence.

Disons que l'offenseur, évidemment, la première chose qu'il doit faire serait de rechercher le pardon, donc de reconnaître son erreur, et pour cela, même de l'augmenter dans son discours, parce qu'on a rarement une idée objective de ce qu'on a fait.

Il n'en reste pas moins qu'une fois cette démarche faite et une fois son pardon éventuellement obtenu, la faute n'en subsistera pas moins au regard de la justice céleste.

L'offensé n'est pas juge, il est seulement offensé.

C'est-à-dire qu'il y a deux plans, il y a le plan humain et puis il y a le plan, disons, céleste.

Ça, c'est un rappel concernant l'offenseur, en quelques mots, parlons de l'offensé et de sa recherche du pardon, c'est-à-dire sa recherche sur lui-même, puisqu'il est l'offensé, il a en quelque sorte, disons, une créance.

Alors la première chose qu'il peut faire, c'est un rappel, c'est qu'il recherche à comprendre les motifs de l'offense, parce que très souvent, quand nous sommes offensés, on ne comprend pas exactement les motifs de l'offense.

Et très souvent, on est à l'origine de l'offense, parce qu'on a provoqué quelque part, consciemment ou inconsciemment, généralement inconsciemment, on a provoqué l'offenseur et on est partiellement, et peut-être des fois très largement, à l'origine de l'offense.

Alors, il convient de rechercher, dans la mesure du possible, quels sont les motifs de l'offenseur, quels sont ses motifs, motifs que très souvent, lui-même ne connaît pas, surtout si c'est quelqu'un qui n'a pas l'habitude de s'analyser, ce qui est majoritairement le cas.

Tout ceci, d'ailleurs, évoque, je le dis en marge, le problème de notre responsabilité, et qu'il s'agisse de la responsabilité de l'offenseur ou de la responsabilité de l'offensé, pour le dire de façon un peu courte et rapide, nous, humains, nous sommes sans doute, en général, moins responsables qu'on l'imagine, parce qu'on est très conditionnés, surtout dans le cas concerné, l'offenseur est sans doute très conditionné par son éducation, son hérédité, son thème astrologique, sa culture, enfin Dieu sait quoi.

Il y a donc un premier chemin pour l'offensé de rechercher le pardon de l'offenseur en lui-même.

Un deuxième chemin, c'est de se rappeler que nul n'est juge en son propre cas, et qu'il n'est pas maître de l'objectivité, il n'atteint difficilement l'objectivité, donc il doit se reconnaître quelque part comme partiellement ignorant de la situation.

Et puis, il y a un troisième chemin qui est moins connu et qui est, s'il est utilisé, peut-être le plus efficace, c'est de considérer que le divin, et disons, si l'on est chrétien, le Saint-Esprit, c'est-à-dire Dieu la Mère, est le meilleur comptable des univers.

Comme le dit l'Évangile et le Coran, même le nombre de nos cheveux est compté.

Autrement dit, lui est absolument à même d'apprécier toutes les responsabilités et de déterminer toutes les rétributions.

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