Les symboles cachés des jardins occidentaux

Parmi les plus anciens concepts de l'humanité, Le jardin s'est décliné à travers les âges selon des formes allant des plus épurées aux plus sophistiquées, des plus syncrétiques aux plus profanes. Alors qu'aujourd'hui le concept de jardin planétaire prend de l'importance, on peut multiplier les comparaisons entre les éléments des jardins et les territoires de notre planète, et ainsi relire symboliquement notre univers.

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Pour Alain-Claude Debombourg, le jardin est "un lieu sacré", "un temple à ciel ouvert". 
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Lors de ses travaux, il a tenté de percer les mystères qui entourent les jardins occidentaux conçus selon un modèle ancestral. Il a, à cet effet, développé deux pistes de réflexion: l'une, sémantique, dans laquelle il nous initie au vocabulaire horticole partagé entre les langues européennes, et l'autre, ésotérique, encline à nous conduire à une compréhension profonde de nous-mêmes. 
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Quels sont les symboles des jardins des cloîtres médiévaux? Quels sont les clés des tracés des jardins à la française selon Le Nôtre? Réponse dans cette vidéo conférence de 72 minutes.

Extrait de la vidéo

Bonjour, je suis Alain-Claude de Bonbourg, je suis un paysagiste un petit peu atypique et qui aime chercher, au-delà des apparences, l'essence même de ce qui a fait la beauté et l'harmonie des jardins en Occident, et avec moult recherches j'ai abouti finalement à des conclusions qui peuvent paraître étranges pour certains, mais franchement je crois que c'est l'essence même des jardins occidentaux et je crois qu'on a intérêt à piocher dans le sens du symbole et de l'ésotérisme qui nous conduit à des pensées universelles pour pouvoir avoir un minimum de sens dans ce qu'on observe dans les jardins occidentaux.

J'ai écrit un livre qui s'appelle « Symbole caché dans les jardins occidentaux, des origines jusqu'à Versailles ». Ce livre, paraissant aux éditions Ivoire-Claire, fait part des conclusions de mes recherches, mais je vous en donnais grosso modo les principales données qui vous permettront peut-être d'ouvrir des pistes de réflexion, comme mon livre en ouvre, et qui permettront à ceux qui sont en recherche, eu égard à un espace qui est bien méconnu, qui est interprété de manière très jardinière aujourd'hui, de comprendre que finalement le jardin est un temple à ciel ouvert qui comporte des symboles, au même titre que les cathédrales, au même titre que les temples maçonniques, au même titre que beaucoup d'édifices religieux, y compris des édifices religieux musulmans, et finalement on retombe toujours sur des symboliques universelles qu'on retrouve qui à l'Orient, qui à l'Occident.

Donc, parmi les jardins, il y en a certains qui sont beaucoup plus prégnants dans leur signifiant que d'autres. En Occident, nous avons essentiellement le jardin de Cloître et le jardin à la Française. Donc, il faut d'abord, disons, balayer déjà le signifiant du mot jardin. Le mot jardin est un mot qui a une racine indo-européenne, et on peut à travers le mot déjà trouver énormément de symboles qui sont correspondants à un environnement, à une campagne créée par des hommes qui ont utilisé le jardin comme base et talon d'un aménagement du territoire, comme je dirais, comme cellule de base symbolique pour un aménagement global du territoire.

Si les jardins d'Europe sont nombreux dans leur diversité de styles, d'âges et d'implantations, et si les styles et les implantations sont variés, les éléments symboliques et l'ordonnancement de ces jardins comportent des constantes qui les relient à la culture, à la religion, à l'histoire, ce que je vous disais, à ce qui constitue le fond de l'esprit universel. Bizarrement, les jardins sont répartis sur tout le territoire européen de façon assez égale, mais on pourra noter dans une grande diversité aux abords des capitales une concentration de jardins d'apparat, mais sur tout le territoire de la France, des pays germaniques et anglo-saxons ainsi que de l'Italie, une multiplicité de jardins qui sont parfois étranges, parfois difficiles d'interprétation.

Aussi étrange que cela puisse paraître, la répartition de ces jardins n'est pas hasardeuse. Elle correspond essentiellement à l'implantation des celtes et l'émancipation de leur civilisation sur tous les territoires européens. Donc, je m'efforcerai de démontrer ce phénomène à travers l'évolution linguistique et la progression géographique du mot « jardin » et de ses dérivés, issus de la racine indo-européenne « gordo » ou « gherto », signifiant « enclos ».

Cette évolution linguistique invite à réfléchir sur le concept en soi et sur les formes qu'il revêt de nos jours. L'étude des éléments symboliques constamment présents viendra nous éclairer sur l'unité et la cohérence qui peut y avoir entre le jardin du cloître de nos abbayes et les jardins dit à la française appelés par Michel Baridon « jardins historiques ». Nous pourrons constater à partir de là que le plus connu d'entre eux, le parc de Versailles, est un jardin foisonnant.

Il est foisonnant de symboles et d'ésotérismes et que cela n'apparaît pas aux premiers venus. Au départ, il y a donc la notion de l'enclos. La racine linguistique du mot « jardin » signifie « enclos ». C'est donc un premier principe que de définir le jardin comme un endroit clos.

Par conséquent, celui qui donne, comme aujourd'hui c'est la mode, celui qui ouvre un jardin aux quatre vents et donne un accès libre à tout qui dame, va à l'encontre même de l'essence de l'espace défini par sa racine linguistique. Il transforme ce lieu en espace vert, ce qui est totalement différent. Le jardin est un endroit défini qui obéit à la règle de fermeture aux intrus indésirables, tout comme à la garde de ce qui se trouve à l'intérieur de la clôture.

Les Celtes, qui avaient eu le loisir d'observer certains types d'enclos au Moyen-Orient ou en Égypte dans le cadre de leur engagement, la plupart du temps comme mercenaires des armées des rois et des autres empereurs de ces pays, avaient pu observer, rapporter et mettre en œuvre une politique d'aménagement du territoire. En défrichant pour les besoins de leur agriculture, ils ont pris soin de constituer une campagne formée de haies arborées entourant des clairières nécessaires aux cultures ou à l'élevage.

Ils ont créé ainsi le paysage qui s'appelle le bocage, une succession d'enclos. L'enclos le plus près de l'habitation contenait des cultures précieuses, il était entouré de palissades ou de clôtures de haies taillées impénétrables telles que le font encore certains Britanniques. Ainsi, le concept de jardin existait chez les Celtes bien avant la venue des Romains sur leur territoire. D'ailleurs, en celte, le mot jardin se dit « corton ».

En Bavière, où on prononce les « a » comme des « o » et les « g » comme des « k », le mot germanique « garten » se dit phonétiquement « corten ». Donc, on revient aux origines, puisqu'on sait que la Bavière est le noyau primitif des Celtes implantés en Europe occidentale, car cette région située entre Hallstatt et l'Athènes, près du lac de Neuchâtel, correspond à ce que les historiens appellent la Lutetia germanique.

Aussi, c'est dans ces pays que la tradition de l'enclos sain d'une clôture palissade appelée zaun a une lourde persistance. Le mot zaun, en vieil islandais tjun, a évolué en islandais pour donner tuna, en Gaule, ça donnait le mot din, et en Scandinavie et en pays flamand, ça donnait le suffixe tun, avec une anecdote un petit peu rigolote, qui montre que le mot tune, qu'on emploie vulgairement en France pour dire des sous, une pièce de 5 francs, vient de cette racine puisque sur les pièces flamandes données par les ducs de Bourgogne, à l'époque des maîtres de la Flandre, sur ces pièces, il y avait un jardin clos qui était appelé

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