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Franc-maçonnerie hermétique & kabbalistique au XVIIIe siècle

édité, introduit et commenté par Jennifer Marty, Lawrence Deplanche et Fred MacParthy, Sesheta Publications.

L’Ordre des Frères de Saint Jean l’Evangéliste d’Asie en Europe, appelé parfois Ordre des Frères asiatiques constitue l’une des organisations initiatiques les plus intéressantes ayant émergé au XVIIIe, siècle qui vit un foisonnement de créations maçonniques et paramaçonniques. Parmi elles, nous trouvons notamment la Stricte Observance Templière du baron von Hund et l’Ordre des Rose-Croix d’Or d’Ancien Système.

La fin du siècle est agitée suite à de multiples divisions au sein de certaines de ces sociétés notamment autour des frères von Ecker und Eckhoffen. Ces derniers seront à l’origine de la fondation des Chevaliers et Frères de la Lumière ou Fratres Lucis qui constitue la matrice de l’Ordre des Frères de Saint Jean l’Evangéliste d’Asie en Europe constitué en 1781. Cet ordre joua un rôle sociétal notable en acceptant la présence de Frères juifs qui se voyaient interdire les obédiences classiques de la Franc-maçonnerie.

Les auteurs retracent dans ce livre la genèse de l’ordre au croisement de nombreux courants, le rôle des personnalités marquantes qui le rejoignirent et l’influence directe ou indirecte des Frères Asiatiques sur certaines organisations initiatiques dont le Régime Ecossais Rectifié. Ils mettent à disposition du lecteur de nombreux documents, certains concernent les Fratres Lucis (règlement, description des cinq grades) ; La partie la plus importante de l’ouvrage est formée d’un ensemble de textes regroupés sous le titre Les Frères de Saint Jean l’Evangéliste d’Asie en Europe ou la seule et unique vraie Franc-maçonnerie d’après l’ouvrage publié en 1803 par Johann Wilhelm Schmidt.

Cet ensemble permet de découvrir les mythes fondateurs, l’organisation de l’ordre, les orientations du corpus traditionnel de l’ordre, des enseignements dont certains évoquent des sources martinésiennes, la description des grades, les rituels, les catéchismes. Alchimie, cosmosophie, arithmosophie, métaphysique et autres se mêlent savamment dans des instructions denses et profondes qui méritent d’être étudiées. Il est à noter que les éléments de kabbale sont peu importants dans le corpus rassemblé ici.

Comme chez les Fratres Lucis, le septénaire joue un rôle essentiel chez les Frères asiatiques :

« La vie de toute chose, entre toutes les transformations si différentes qui traversent les temps de l’éternité, agit et s’afflige à travers les sept propriétés qui s’interpénètrent. C’est pour cette raison que le chiffre sept revient si souvent dans les Saintes Ecritures ; c’est un chiffre qui a marqué les anciens et les nouveaux philosophes, en particulier les médecins. »

Le lecteur pourra être parfois dérouté par les procédés d’écriture traditionnels employés. Ils étaient courants à l’époque et permettaient de condenser l’enseignement à travers signes, symboles et mythèmes.

A l’époque de la parution de ces textes en 1803, le préfacier insistait suer la nécessité de posséder (et d’étudier) ce livre. C’est encore le cas aujourd’hui