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Le Bonheur quoiqu’il arrive de Robert Eymeri

La rencontre de Robert Eymery psychologue clinicien de formation et écrivain avec Armelle Six constitua un tournant décisif dans sa vie. Armelle Six rend accessible à tous le bonheur que nous sommes et invite tous ceux qu’elle rencontre à se laisser être et à s’arrêter, mentalement et physiquement. Un moment pour voir que tout est déjà là, qu’il n’y a rien d’autre à chercher et que dans cette prise de conscience, tout change.

Armelle Six pointe la clé fondamentale de la fin de la séparation. « La culpabilité s’arrête quand on reconnait que l’on est ni le penseur des pensées, ni l’auteur des actions. On est la vie qui se vit. On est vécu par la vie, pensé par la vie, respiré par la vie. C’est là que s’arrête la séparation.

C’est l’arrêt du contrôle et c’est là que se trouve notre plus grand bonheur ».

Nous sommes le sans forme, ce qui n’a aucun goût particulier qui pourtant comprend toutes les saveurs sans jamais les définir, ni les juger. Mais « on ne peut rester dans le sans forme. La vérité de notre être, la libération totale, c’est le sans forme qui danse dans la forme ». Il ne vous reste alors plus qu’à vous réjouir et à danser la danse de l’être, à danser dans la forme cette reconnaissance de notre invisible nature ».

Les propos d’Armelle Six, comme tous les propos sur l’éveil sont à la fois cohérents (ils pointent une réalité qui peut être expérimentée par tout un chacun) et paradoxaux (tour à tour la réalité, notre réalité est décrite comme « je », comme le donné des expériences, comme vacuité...). Impossible d’y échapper.

Outre le fait de pointer « la nature de la lune » (ce qui est, n’est pas et apparait), ce livre est pertinent dans la mesure où l’auteur est capable d’évoquer une posture/non posture qui nous rapproche de notre expérience directe. En effet, quel que soit ce qui est dit à postériori, l’important est d’être au plus proche de ce qui est, avant que le mental ne se saisisse de cela et crée une histoire. Faute de cette perspective, de ce « voir », les propos les plus « justes » sur l’éveil sont lettres mortes ; avec cette vision, les propos les plus paradoxaux, y compris ceux d’Armelle Six, sont sources de clarté, d’étincelles d’éveil. Armelle Six arrive tout particulièrement à nous faire comprendre qu’il est primordial d’être authentique avec soi. « Car on se ment sans arrêt, on se manipule soi-même très, très vite ». La praxis proposée par Armelle Six est simple : s’arrêter et Voir. Avant, en amont de toute expérience, il n’y a que le silence. Nous sommes sans centre, sans définition. Laisser faire. Contempler l’énergie sans l’histoire.

« Toutes ces approches, tous ces points de vue et ces concepts ne sont là que pour une seule raison : défaire toutes les croyances qui sont ancrées en nous. Ces concepts ne sont pas la vérité. Ils sont simplement des indicateurs qui pointent vers ce que nous sommes, qui pointent vers le bonheur qui est la paix de l’esprit... Non pas être quelqu’un ou quelque chose. Être. Tout simplement ».