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Se libérer des pensées de Lionel Cruzille

Quelle que soit la voie empruntée la question du silence est centrale et avec elle celle des moyens de suspendre ou écarter le flux incessant des pensées. L’auteur évoque ce flux de pensées comme « un filtre omniprésent et invisible entre la réalité et notre perception. C’est ce qu’on nomme le mental et, sans Vigilance (ou présence à soi), nous le prenons pour le réel. ».

Cet essai est consacré à l’établissement de cette Vigilance qui s’appuie sur le rappel de soi sans engager un combat aussi stérile qu’épuisant contre les pensées. Tout au contraire il s’agit d’un accueil total, accueil des pensées mais aussi des émotions, accueil du corps en toutes ses dimensions.

Lionel Cruzille insiste d’emblée sur la nature du problème qui ne réside pas dans les pensées elles-mêmes mais dans ce que nous en faisons. Au lieu de les laisser aller et venir dans une observation distante, nous nous identifions à elles, nous les retenons, limitant ainsi notre créativité et notre être dans un faisceau de contraintes. « Si vous êtes vigilant, précise Lionel Cruzille, présent à vous-même, vous pourrez déceler ce mécanisme des pensées. Les pensées mécaniques, répétitives, non conscientisées fabriquent des scénarios en permanence. »

Il s’agit de penser au lieu d’être pensé, de vivre au lieu d’être vécu. La méditation de pleine conscience permet de rétablir le rapport au Réel et de passer le filtre des pensées conditionnées. L’observation répétée des pensées, et plus particulièrement de leur apparition et de leur disparition, établit le pratiquant dans un autre rapport au monde qui laisse la place à l’être, notre vraie, notre seule nature. La compréhension de l’absence de réalité de l’ego, du monde comme narration, de l’impossibilité de la réalisation du désir, de l’illusion temporelle contribuent à la saisie de l’instant présent comme ouverture infinie et « lieu » d’accueil de la danse de la vie.

« Lâcher les pensées fait percevoir des trouées entre les pensées : l’espace d’accueil. Vous pouvez voir que vous n’êtes pas vos pensées. Vous êtes la Conscience qui accueille. Vous êtes vaste, vous n’êtes pas cet aimable petit moi. (…) La Vie vous porte, à chaque instant. Le sentez-vous ? Le voyez-vous ? Vous participez déjà au grand mouvement. Voilà pourquoi nous pouvons parler de Danse de la Vie, dans son infinie Bienveillance.

Nous pouvons y participer avec notre cœur. La Vie « vous danse », ici et maintenant, partout et toujours. Il s’agit de le vivre et non de le penser. »