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La planche à tracer de François Figeac

Collection Les symboles maçonniques, MdV Editeur.

La planche à tracer, symbole de la maîtrise, fait partie des « meubles immobiles » du régime Ecossais Rectifié. On la retrouve au Rite Emulation et le Rite Ecossais Ancien et Accepté ne l’ignore pas.

La planche à tracer serait un prolongement de la palette du scribe égyptien, une sorte d’écritoire. Il fait partie du matériel nécessaire à la transmission des paroles divines, à l’inscription du « voir » et de l’« entendre » ésotériques. La planche à tracer est intimement liée à la question de la langue sacrée et de sa transmission. Nous retrouverons cette dimension dans l’art des bâtisseurs.

L’auteur pose cette question : le tableau de Loge est-il une planche à tracer ? Il évoque d’abord le paradoxe créatif du tableau de Loge, reflet de la voûte étoilée, à la fois immuable et en perpétuel mouvement, fenêtre entre les mondes, avant d’en indiquer la fonction :

« Quand le tableau de Loge est encore vierge, il est assimilable à la planche à tracer, véritable outil utilisé par le Principe pour se révéler. Par le tracé, confié à la fonction d’Expert ou Ritualiste, s’opère le passage du non-manifesté au manifesté ; le bras agissant du Vénérable Maître fait apparaître ce qui existait en puissance mais restait invisible aux yeux des humains. »

Nous regretterons donc avec François Figeac l’abandon du tracé du tableau lors de l’ouverture des travaux au bénéfice de l’usage du tapis de Loge, perte opérative considérable en réalité :

« En le traçant à chaque tenue solennelle plutôt qu’en le déroulant sous forme d’étoffe, on réaffirme la nécessité d’avoir à le réaliser à nouveau, au lieu de le recevoir comme quelque chose de fini. Aucun tracé n’est exactement semblable au précédent, de même qu’aucune Tenue n’est identique à la précédente. C’est à chaque fois « la première fois ». »

De même, nous sous-estimons la fonction opérative des planches tracées du secrétaire qui servent à la récapitulation opérative, au rassemblement de ce qui a été déployé. Enfin, l’auteur traite du Plan d’œuvre du Maître qui permet de passer « de l’intention à l’idée, de l’idée à la conception, de la conception à la réalisation ». Le maître, qui sait lire la planche à tracer du grand Architecte de l’Univers, trace le plan qui « repousse les limites du possible » sans transgression cependant, en vue d’un accomplissement. Ce processus de construction tient compte d’un temps sacré, non d’un temps profane.

François Figeac conclut ainsi son travail :

« L’étude du symbole de la planche à tracer montre l’importance, sur la voie initiatique, d’actions aussi simples que Voir, Entendre, Tracer ou Formuler. Toutes se rattachent à la tradition du Verbe. Ces actions trouvent leur sens plein et entier dans le cadre du rite, leur cohérence étant donnée par le plan d’œuvre tracé, sur cette planche, par le Vénérable Maître. »