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Thème essentiel, transversal à nombre de traditions, pointant vers les métaphysiques non-duelles, la « ténèbre divine » aborde non seulement la question des enantiodromies mais aussi de renversements « verticaux ». La « ténèbre divine » évoque le jeu divin du néant et de la plénitude, du rien et du tout. Elle exige le silence comme mode opératoire, comme demeure et comme essence. Elle rend compte d’un mystère et d’une mystique tout à la fois, plénitude du Grand Rien, néant souriant de Dieu.

Thème essentiel, transversal à nombre de traditions, pointant vers les métaphysiques non-duelles, la « ténèbre divine » aborde non seulement la question des enantiodromies mais aussi de renversements « verticaux ». La « ténèbre divine » évoque le jeu divin du néant et de la plénitude, du rien et du tout. Elle exige le silence comme mode opératoire, comme demeure et comme essence. Elle rend compte d’un mystère et d’une mystique tout à la fois, plénitude du Grand Rien, néant souriant de Dieu.

Les trois auteurs se sont restreints, avec sagesse, au christianisme.
Michel Cazenave évoque un chemin des ténèbres de Dieu, plus direct peut-être que tout autre :
« Toutes choses qui d’évidence, dérivent de la Cabale et de ses considérations sur l’aleph divin qui précède le beth initial de la Genèse – et où l’on introduit une différenciation entre un aleph tenebrosum (Dieu comme ténèbre) et un aleph lucidum (Dieu comme lumière), étant bien entendu que c’est toujours l’aleph de l’Aïn Soph. Autrement dit, et comme s’en est expliqué cet immense théologien qu’était Miguel de Molinos dans le Guide spirituel : « Sache que le chemin des ténèbres est le plus profitable et le plus parfait, sûr et droit, parce que le Seigneur y loge son trône : « Il mit autour de lui des ténèbres pour son voile » (Psaumes, 18, 12). Par les ténèbres, la lumière surnaturelle croît et grandit. » »
Michel Cazenave convoque Plotin, Maître Eckhart, pseudo-Denys, saint Jean Chrysostome, Jean de Bernières, Hadewijch d’Anvers, entre autres, et bien sûr Marguerite Porete lorsqu’elle « invoque le « Néant », lorsqu’elle parle de theosis, c’est-à-dire de devenir ce que Dieu « est » (un pur rien), lorsqu’elle avoue que, parvenue à un certain état, elle n’a plus envie de rien, même de Dieu… »
Nos trois auteurs nous offrent des perles de mots choisis, extraits des textes les plus puissants qui soient sur ce sujet qui vivifie les traditions chrétiennes : Le Cantique des cantiques, saint Paul, saint Thomas, Philon d’Alexandrie, Grégoire de Nysse, Denis l’Aéropagite, Isaac le Syrien, Symeon le nouveau théologien, Hadewijck d’Anvers, saint Thomas d’Aquin, Angele de Foligno, Marguerite Porete, Maître Eckhart, Tauler, Madame Guyon, Malcom de Chazal, etc.
Ecoutons justement Malcom de Chazal :
« Où il y a FEU, la LUMIERE IMMANENTE qui est Dieu invisible sous le masque de la Nuit, se rend visible par réflexion. Où il y a Amour, où il y a feu, l’Absolu donne sa lumière réfléchie en don de Vérité – en réflexion, parce que la LUMIERE, VISAGE DE DIEU, est inatteignable, invisible, impensable, inconcevable, invivable, et c’est la Nuit, Visage fait invisible du DIEU-LUMIERE, LUI que nul œil n’a vu et ne verra jamais.

LA LUMIERE est là, mais ELLE se manifestera à tout jamais sous le Masque de la Nuit. Nous savons que cette LUMIERE est là, par le contact de sa PRESENCE, présence de la Nuit, Infinie Lumière, Dieu, qui embrasse, qui tient, qui enlève, qui baigne, qui lave, qui sauve, - symbole de la Joie et corps de Résurrection. »
Ce n’est certes point un hasard si le poète mauricien, qui fascina tant et André Breton et Sarane Alexandrian, vient clore cet ouvrage précieux.. Il sut, avec art, jouer de la langue pour exprimer ce que la langue ne peut, ne pourra jamais énoncer.


Editions Arma Artis, BP 3, 26160 La Bégude de Mazenc, France.
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