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L’auteur s’attaque avec cet ouvrage à une idée qui perdure, idée qui consiste à opposer Franc-Maçonnerie et christianisme ou, plus souvent Franc-Maçonnerie et Eglise catholique. Cette opposition continue à être hélas entretenue par une minorité de sectateurs des deux côtés.

- Avant de réduire les prétendues incompatibilités à néant, Mathieu Métayer cherche à répondre à deux questions :
- Pourquoi devenir Franc-maçon lorsque l’on est chrétien ?
- Quelle Franc-maçonnerie pour un chrétien ?
Ces deux questions ne sont pas anodines. La religion chrétienne serait-elle insuffisante au point que le recours à la Franc-maçonnerie s’imposerait ? L’auteur balaie cette hypothèse. Pour lui, la Franc-maçonnerie apporte des outils et une compréhension qui renforce la foi. Il postule, avec raison, l’existence d’un ésotérisme chrétien, seulement accessible par l’initiation :
« Toute doctrine ésotérique exige une initiation pour être comprise. Une voie initiatique de l’Occident est, du fait de son histoire, la franc-maçonnerie de tradition. Cette voie ne se substitue pas à la religion – pour nous le christianisme – mais nous incite à approfondir constamment notre foi. Fréquenter une loge maçonnique nous exempte-t-il d’assister à l’office dominical ? Non sans hésitation. Bien au contraire, cela apporte une saveur supplémentaire à ce rendez-vous hebdomadaire. Nous faisons, là encore, nôtres les mots de Pascal Gambirasio d’Asseux : « Dans le christianisme, comme dans toutes les traditions, la parfaite orthodoxie théologique est le sceau de la voie initiatique authentique, car l’ésotérisme dit un « plus », ou plutôt un « au plus près », un « plus intimement », mais certainement pas une « autre chose » que l’enseignement révélé au plus grand nombre pour le salut des âmes. » »
Il ne répond pas directement à la seconde question, insistant surtout sur le déficit initiatique consécutif au renoncement au symbole du Grand Architecte de l’Univers au Grand Orient de France et à la nécessité de trouver une Franc-maçonnerie « de tradition » qu’il ne définit pas, et c’est heureux, mais qu’il tente de cerner progressivement par son propos élaboré tout au long de l’ouvrage comme une dialectique entre Franc-maçonnerie et christianisme, une dialectique qui se révèle avant tout personnelle.
Pour l’auteur, la question de la régularité semble fondamentale. Elle n’offre pourtant aucune garantie contre la cannibalisation du sacré par le profane. La forme, et la morale en est une, ne sert en rien l’initiation qui est une traversée des formes vers le non-conditionné.
Ce livre pose, avec modestie, de vraies questions mais y répond souvent avec une certaine confusion. Cette confusion ne doit pas être entendue comme une incompréhension de l’auteur à saisir mais plutôt comme la résultante des multiples errements maçonniques qui font perdre pieds aux hommes et femmes de désir sincères qui frappent à la porte de la loge.

Editions Dervy
Bibliothèque de la Franc-maçonnerie
19 rue Saint-Séverin
75005 Paris
France