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Ici, vous ne trouverez ni soumission, ni fausse humilité, mais le très beau et vivant témoignage d'une pure expérience de ce que Françoise nomme Amour-Lumière, amour fécondant, procréation spirituelle, qui s'inscrit dans la tradition de l'Amour courtois et très éloigné de la mélasse sentimentalo-sexuelle dans laquelle se complaisent de soi-disant "maîtres tantriques" surtout préoccupés de séparer le plus vite possible leur disciple, de préférence jeune, jolie et naïve, de sa petite culotte.

Ce témoignage présenté sous la forme d'un journal nous rappelle le "Mystère", rarissime mais pourtant toujours possible, que Poètes et Alchimistes ont célébré. Ainsi Grillot de Givry, cité par Françoise dans sa conclusion:
"Mais il rencontrera de sérieuses difficultés, s'il veut, obéissant à la norme d'activité et de passivité d'après laquelle est construit le macrocosme, reconstituer en lui-même l'androgynat édénique par l'assimilation d'une autre vie à la sienne. Là est l'obstacle, l'offendiculum véritable.
Si tu choisis une compagne, le lien qui t'attache à elle doit être indissoluble, puisque tous deux, un jour, vous contemplerez l'Absolu face à face. Avec elle tu dois partager les joies éternelles. Ses pensées, comme les tiennes, doivent donc converger toutes, vers la possession de l'Absolu. Tu ne peux vivre qu'auprès de celle qui chemine, la main dans la main, avec toi dans la Voie, qui recherche avec toi la chose à trois angles, et t'adjuve au Grand Oeuvre.
L'épouse de l'alchimiste, c'est Pernelle, discrète et savante, portant au doigt l'anneau du souverain lien, reflétant toutes les pensées du maître, et veillant à son tour sur l'athanor lorsque l'heure l'exige.
C'est de toi qu'elle doit recevoir l'initiation, comme tu la reçois toi-même de la Divinité.
Le feu et le menstrue dissolvant, voilà le clef de l'Art Majeur."