Regards sur la Franc-maçonnerie par Alain Bernheim

"Regards sur" est une collection de vidéo conférence qui invite tous les visiteurs à partager l'expérience d'une personnalité. Alain Bernheim s'interroge ici sur l'histoire de la Franc-Maçonnerie. Il se penche sur la naissance de ce courant fraternel et l'initiation maçonnique aux effets inégaux pour chacun. Se rappelant sa rencontre avec Joannis Corneloup, Marius Lepage et René Guilly, il revient sur la création des revues "Le Symbolisme" et "Renaissance traditionnelle" au travers de sa propre expérience.

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32:47
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Qu'est-ce que la Franc-Maçonnerie ? A-t-elle toujours été une société initiatique ? Qu'est-ce que l'initiation maçonnique ? réponse de l'auteur dans cette vidéo conférence de 33 minutes.

Extrait de la vidéo

Cet espèce de survol que vous avez essayé de faire sur l'histoire de la franc-maçonnerie en Angleterre, en France et en Allemagne, il est difficile d'en tirer une conclusion sinon que la franc-maçonnerie a des aspects extraordinairement divers. Je crois personnellement que l'histoire, malheureusement, n'intéresse pas suffisamment les francs-maçons en général. D'autant que toutes les questions qui se rapportent au rituel, à leur évolution, aux ajouts, vous me permettez de dire déplorables, qui se sont accumulées depuis des dizaines et des dizaines d'années, ne peuvent être compris que dans la mesure où on a une idée de la franc-maçonnerie, une idée de son histoire.

En réalité, qu'est-ce que c'est que la franc-maçonnerie ? Et c'est une question, vous allez dire, diabolique. Pour moi, c'est une société initiatique. Mais on peut se poser immédiatement la question de savoir si la franc-maçonnerie qui a été créée en 1717 était une société initiatique.

Et personnellement, je ne le crois pas. Et je crois qu'elle ne l'était pas dans ces formes que mon ami Roger Darfais a évoquées il n'y a pas longtemps ici sur votre site. Parce que la franc-maçonnerie qui s'est créée à ce moment-là réunissait à la fois des opératifs et puis, de plus en plus, des gens qui ne l'étaient pas. Mais ces opératifs-là, la franc-maçonnerie leur servait d'entraide, un peu comme les syndicats d'aujourd'hui.

Seulement, quand elle est lancée en France, et la première date qu'on peut attribuer à la modification qui est arrivée à ce moment-là, c'est 1744, parce qu'à partir de 1744, il y a une phrase qu'on trouve dans une divulgation et qu'on va retrouver jusqu'à aujourd'hui dans les rituels maçonniques contemporains. Les francs-maçons voyagent de l'Occident à l'Orient pour chercher la lumière et les maîtres la rapportent en voyageant de l'Orient vers l'Occident.

Cette notion de chercher la lumière ou de rapporter la lumière ne s'est jamais trouvée dans les rituels de langue anglaise, pas plus au 18e siècle qu'aujourd'hui. Et c'est ce qui fait, pour moi, mais c'est ce que je considère volontiers être une opinion, c'est ce qui fait que la franc-maçonnerie en France est devenue une société initiatique. Et qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que certaines cérémonies maçonniques sont supposées transformer, d'une certaine manière, quelqu'un qui l'a subi.

Seulement, il suffit d'être franc-maçon ou même peut-être d'être profane pour constater que ça donne des résultats extraordinairement différents. Et on peut se poser la question de savoir pourquoi. Et la réponse que je donne à cette question, c'est que pour qu'une initiation maçonnique puisse donner un résultat, il est indispensable qu'il y ait fait, le profane qui va être initié, un verbe, un noyau, quelque chose qui va être éveillé par la cérémonie qu'il subit.

Et comme, vous croyez, que tous les hommes n'ont pas ce noyau ou ce germe en eux, et bien on pourra les faire passer par toutes les cérémonies maçonniques du monde, ça ne les changera pas. Alors que s'il y a cette possibilité d'éveil en eux, alors cela donnera un résultat. Ça ne donnera pas toujours le même résultat, c'est certain. Vous avez un maître de piano qui avait une technique très particulière et très remarquable.

Elle m'a dit un jour « tu vois Alain, si quelqu'un ne joue pas très bien du piano, avec ma technique, il va jouer assez bien. S'il jouait assez bien, il va jouer bien. S'il jouait bien, il va jouer très bien. Et s'il jouait très bien, alors ça va donner des résultats tout à fait étonnants.

Et bien je crois qu'on peut dire la même chose de la franc-maçonnerie. L'initiation ou les initiations maçonniques donneront des résultats différents en fonction de la personne qui subit, qui reçoit ces initiations. Et puis, je crois qu'il y a un dernier point sur lequel il faut insister, c'est que la franc-maçonnerie est quelque chose d'extraordinairement simple. Et comme disait un de mes amis, quand ça n'est pas simple, c'est que c'est faux.

J'ai eu une grande chance dans ma vie, c'est celle d'être ami avec trois maçons français tout à fait exceptionnels, qui sont dans l'ordre chronologique, Corneloup, Marius de Paz et René Guilly. Je n'ai pas connu Wirth, qui est peut-être le premier maillon de cette scène qui les relie tous les quatre. Mais j'ai lu Wirth, j'ai découvert Wirth dans les premières années de ma maçonnerie, et s'il y avait un livre de Wirth que je recommanderais, c'est Les Mystères de l'Art Royal, qui est probablement le livre le moins connu de Wirth, mais qui est un livre tout à fait exceptionnel.

J'ai fait la connaissance de Corneloup parce que, quand j'ai été initié dans une loge du Grand Orient de France à Sarbreuc en 1963, il y avait à Sarbreuc à ce moment-là deux autres loges allemandes, et j'ai très vite constaté qu'il n'y avait pas de visite entre ces deux loges et la mienne. Et j'ai naturellement posé la question de savoir pourquoi. Et les maîtres févronnés de la loge à qui je posais la question me répondaient « c'est très compliqué, c'est très compliqué, on t'expliquera plus tard ».

Puis en réalité, ils ne m'ont rien expliqué du tout. Et c'est exactement cette année-là, en 1963, que Corneloup, qui avait plus de 75 ans, a publié son premier livre maçonnique « Universalisme et franc-maçonnerie ». Et j'ai été fasciné parce que Corneloup expliquait dans ce livre des concepts qu'on ne m'avait jamais dans ma loge expliqué, c'est-à-dire ce que c'est que la régularité, ce que c'est que la reconnaissance.

Et il expliquait ça avec des mots très simples. Et ma réaction a été immédiate, je lui ai écrit, je devais être apprenti aux compagnons, je ne savais pas très bien ce que c'était qu'un grand commandeur d'honneur du Grand Collège d'Éric, qui était le titre qui était porté sur son livre. Mais je me suis dit, il m'a rendu un immense service, je lui ai écrit pour lui dire merci. Et j'ai reçu par retour du courrier une lettre de

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