1 1 1 1 1 1 1 1 1 1

La tourmente réside dans les relations internationales d’une obédience, ici la Grande Loge de France mais ce pourrait être, malheureusement dirons-nous, toute autre grande obédience. Nous ne sommes plus là dans l’initiatique mais bien, et sans nuance, dans le politique.

Le témoignage lucide de l’auteur est d’autant plus intéressant qu’il ne cherche pas à dissimuler les sombres réalités de cet aspect envahissant de la vie maçonnique. Son témoignage s’adresse aux « membres des obédiences qui s’intéressent à l’histoire de la Franc-maçonnerie, mais aussi à tous ceux qui voudraient comprendre le dessous des cartes qui font l’histoire de la Franc-maçonnerie. » Michel Singer, élu grand chancelier de son obédience en 2001, s’est battu pour que son obédience retrouve la reconnaissance des Grandes Loges américaines, perdue en 1964. Michel Singer aurait sans doute été l’homme de la situation, possédant les compétences requises pour une telle aventure, s’il ne s’était heurté aux ambitions personnelles, aux intrigues politiques et institutionnelles qu’il relate dans son livre, qui lui valurent condamnations par le Convent souverain de la Grande Loge puis réhabilitations par le Suprême Conseil de France, quelques désagréments sérieux tout de même qui eurent des prolongements dans le cadre de la justice « profane ». Ces tristes épisodes, qui sont légions en Franc-maçonnerie, méritent d’être connus, non pour alimenter la polémique anti-maçonnique mais pour poser les questions nécessaires, vitales peut-être, sur la finalité de la Franc-maçonnerie et les moyens mis en œuvre pour l’atteindre, moyens qui devraient être initiatiques et ne pas relever de la politique ou du marketing.
Michel Singer, certes un peu désabusé, on le serait à moins, reste pourtant profondément attaché à la Franc-maçonnerie et même à son obédience, confiant en l’avenir maçonnique. Son témoignage, mesuré au final, pourra peut-être contribuer à un changement de mentalité à la tête des obédiences, changement nécessaire si nous ne voulons pas que la Franc-maçonnerie quitte définitivement le monde de l’initiation, où elle a de moins en moins sa place, pour celui des groupes de pression.

texte: Le Crocodile, http://lettreducrocodile.over-blog.net