Spiritualité et postmodernité

A l'Institut du Monde Arabe, Eric Geoffroy, Michel Cazenave, Vincent Aucante et Fabrice Midal se sont entretenus autour d'une table ronde, conduite par Bernadette Sauvaget, autour de la sortie du livre d'Eric Geoffroy "L'Islam sera spirituel ou ne sera plus" paru aux éditions du Seuil ou sur l'état actuel de la spiritualité dans nos sociétés.

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La post-modernité, dont Nietszche est le grand prophète, témoigne d'une sorte de dépassement du monde et des repères des sociétés traditionnelles qui traduit une sorte de nihilisme, nous dit Eric Geoffroy. Face au désenchantement technologique et au matérialisme religieux, quelle est la place de la spiritualité? 

A l'heure où les religions institutionnelles ont abouti à l'intégrisme et à la mort du religieux, Comment redéfinir la spiritualité ? Pour chacun des intervenants, il est temps de prendre en compte que le "ciel se referme", que chacun se doit de réenchanterle monde et d'ajouter à la pensée dialectique, l'inspiration. Pour Vincent Aucante, il s'agit également de revivifier la mémoire des religions et de revaloriser leur patrimoine. Pour Fabrice Midal, à tenter de vivre l'expérience du fragile, du poétique et de la liberté dans un monde sans repères.
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Pour Michel Cazenave, de reprendre la quête du symbolique et de s'inscrire dans une tradition sans en être prisonnier. Apparu au VIIIe siècle, le soufisme est un mouvement spirituel, mystique et ascétique de l'islam. Prenant racine dans l'orthodoxie sunnite, il est également une doctrine ésotérique.
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Pour Eric Geoffroy, le soufisme est, en effet, le point de rencontre entre la tradition primordiale, dépôt de la sagesse originelle, et l'islam. De toute éternité, son essence spirituelle et transcendantale ne dépend d'aucun contexte spatio-temporel. L'homme initié, qui en est le porteur, peut ainsi la révéler et la transmettre.

Extrait de la vidéo

Ce sera un débat table ronde avec quatre invités. C'est autour du livre d'Éric Joffroy qui est sorti ce printemps aux éditions du Seuil. « L'Islam sera spirituel ou ne sera plus ? » Éric Joffroy, islamologue, professeur à l'Université Européenne, Dans ce livre, Éric Joffroy plaide pour une relévissance du religieux à travers la dimension spirituelle.

Alors, est-ce qu'il y a un retour ou une mutation du religieux et sous quelle forme ? C'est un peu la question qui sera débattue. C'est un peu la question qui sera débattue ce soir avec Éric Joffroy ainsi qu'avec Michel Cazenave, écrivain, ancien producteur à France Culture et qui nous disait tout à l'heure « agnostique mystique ». Également avec Vincent Ocante qui est donc à la droite de Michel Cazenave.

C'est ouvert il y a un an dans le Vème arrondissement et qui est philosophe et auteur d'un ouvrage qui est paru l'année dernière chez Paroles et silences, « Benoît XVI et l'Islam » que Vincent Ocante a écrit. C'est un livre qui a été écrit par Michel Cazenave. C'est un livre qui a été écrit par Michel Cazenave. et qui est donc philosophe et auteur d'un ouvrage qui est paru l'année dernière chez Paroles et silences, « Benoît XVI et l'Islam » que Vincent Ocante a publié après la polémique de Ratisbonne.

Et à mon extrême gauche, Fabrice Midal, philosophe, auteur de plusieurs livres, notamment « Quel bouddhisme pour l'Occident » paru au Seuil en 2006. Fabrice Midal, philosophe, mais aussi bouddhiste lui-même. Je vais passer la parole à Éric Joffroy. Chacun des invités aura un petit topo d'une dizaine de minutes.

Justement, pourquoi il y a cette nécessité aujourd'hui de l'apport de la spiritualité dans ce contexte de monde post-moderne ou de monde moderne et en quoi la spiritualité est nécessaire dans ce contexte ? Merci, merci de nous introduire aussi bien. Merci à vous tous d'être venus. Merci aux invités.

Nous avons essayé de partager utilement et agréablement à ce moment. Alors, juste une remarque. Notre séminaire a lieu à l'Institut de Monde Arabe qui, bien sûr, s'intéresse aussi à la question islamique. Parce que, bon, mon livre, bien sûr, concerne l'islam, donc le rapport entre religion et spiritualité, et mondialisation, et post-modernité, etc.

dans le contexte islamique. Mais il est évident, et je suis content d'ailleurs, des amis chrétiens ou autres s'en sont rendus compte. Je suis content de voir qu'il peut intéresser, bien sûr, d'autres croyants ou d'autres penseurs hors du cadre purement islamique. Alors, on ne doit pas s'éterniser, je crois, sur ce terme de post-modernité, parce qu'il y a beaucoup de choses à dire, et tout est au contraire.

Simplement, moi, j'ai l'impression qu'on attribue parfois à Nietzsche l'introduction de cette post-modernité, une sorte de prophète des temps actuels. Moi, je pense que cette post-modernité, Sidiya, témoigne plus du dépassement du monde et des repères des sociétés traditionnelles. Et quand je pense aux sociétés traditionnelles, je pense aussi aux sociétés islamiques, aux sociétés hindoues et chrétiennes traditionnelles, etc.

Un dépassement qui aboutit, il faut le dire, à une sorte de nihilisme. Moi, ce qui m'intéressait, c'est le fait que le nihilisme post-68, on le connaît bien, une sorte d'errance, de quête des repères, pas facile. Donc des générations, des gens qui étaient jeunes dans les années 70, etc. Marcel Gauchet dit que le désenchantement, on peut le repérer, on peut le signer vraiment à partir des années 70, donc après 68.

Ça, c'est à peu près connu par nous. Désenchantement largement issu de deux options placées sur la technologie de type horizontal, je dirais. Bon, tout le monde voit à peu près ce que je veux dire. D'une part, désenchantement matérialiste, un matérialisme technologique, mais par ailleurs, ailleurs, notamment dans le monde musulman, il y a une sorte de matérialisme religieux qui s'est instauré en forme de crise et en réaction au matérialisme occidental, donc de type technologique positiviste.

Les religions, l'islam institutionnel, mais donc les autres religions instituées, sont traversées par ce danger, par ce péril éminent, que si la spiritualité de type vertical, je prends des images évidemment, mais je pense qu'elles sont accessibles, de type vertical immédiat, donc je parle de révolution intérieure permanente, c'est peut-être un mot facile, une expression facile, mais j'y tiens quand même.

Je pense que si les religions institutionnelles, qui sont des corps horizontaux finalement, même si l'islam, et j'en parle un peu dans mon livre, même si l'islam a des vocations à l'origine, à être moins que les autres un corps religieux, puisqu'il n'y a plus de prêtrise, pas de sacerdoce, pas de sacrement, puisque l'homme n'est consacré, l'être humain n'est consacré. Et c'est un pasteur, le pasteur Ouzio, qui quelque part, et d'autres musulmans et autres, qui disent que finalement l'islam serait la religion naturelle, c'est-à-dire avec un minima, avec un minimum de rites, de dogmes, puisque finalement le seul principe essentiel de l'islam, c'est le Tawahid, c'est-à-dire le principe d'unicité.

Tout le reste, j'ai tendance à dire, est du décor, ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas pratiquer pour autant, mais je veux dire, l'essentiel est là. Donc, un désenchantement religieux aussi, qui a donc abouti à ces intégrismes religieux, mais on sait très bien qu'il y a ici et ailleurs des intégrismes laïcs ou bien laïcistes, qui sont autant les uns les autres, en fait, très très réductionnistes.

Donc, je crois que la post-modernité, finalement, témoigne plus de cela qu'elle ne prône ce nihilisme. De même que Nietzsche, lorsqu'il dit que Dieu est mort, il n'est pas enchanté. Donc, il sait bien que si l'homme vit en lui que Dieu est mort, c'est en fait la mort de l'homme qui s'annonce. Donc, il y a urgence.

Il y a urgence du fait que tous ces débats sont en fait amplifiés, hypertrophiés par la mondialisation, par un contexte politique, mais qui sont eux-mêmes dépassés par tout ce qui se passe d'une manière très globale. Donc, ce que je dis simplement, c'est que ce plan méthodologique, d'ailleurs, c'est une solution intégrale, d'une part, c'est-à-dire une solution intégrale, c'est la raison non plus limitée à l'horizontale telle que l'Europe l'a développée depuis trois siècles, mais que nous devons donc développer une raison, alors, transcendantale, comme disait Husserl, raison ouverte, comme disait Morin, raison pluridimensionnelle, celle-là même que l'Islam, premier, et que le Coran ont promulgué, mais qui ont été rativoisés, qui ont été élagués.

Donc, ces dimensions, cette polysémie a été vraiment estompée au cours des siècles,

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