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Le Cheikh Khaled Bentounès est le quarante-quatrième maître spirituel de la voie soufie Alawiya, l’une des principales confréries soufies du monde musulman, respectée dans le monde entier.

Ce livre est fait d’articles, entretiens, actes de colloques parus entre 1982 et 2003. Ils sont organisés pour conduire le lecteur sur un chemin qui va de la périphérie au centre, de l’histoire à lui-même avant d’interroger sur la place de l’islam dans le monde contemporain : L’islam – Le but principal – La voie du juste milieu – Le soufisme – Une fraternité universelle – La place de l’homme – Le sens chez l’homme intérieur – Le sens de la prière – Prière et intériorité – Le réel et l’illusoire – La multiplicité de l’unique – Le monde réel sont quelques-uns des thèmes essentiels traités dans ces pages mais le maître soufi n’hésite pas à poser aussi des questions qui dérangent en ces temps de contradiction : L’éducation d’éveil à la citoyenneté – Islam et laïcité en Europe – L’islam est-il compatible avec la République – L’avenir de l’islam passera-t-il par la femme ?

Voie de sagesse, le soufisme n’hésite pas à se confronter à la réalité quotidienne, sociale, économique, politique, mais toujours avec la distance qui naît de l’expérience du cœur, du centre.
« Bien avant aujourd’hui, la société traditionnelle islamique avait reconnu des droits à la femme et les avait codifiés. Elle représentait même le pilier sur lequel reposait la société : c’est par elle que la transmission se perpétuait dès le plus jeune âge. Elle incarnait l’équilibre familial et l’on recourait à elle dans les moments de détresse. Par sa sensibilité, son adresse et parfois sa malice, les problèmes étaient résolus et les conflits apaisés.
Certes, il ne faut pas idéaliser, mais la femme traditionnelle que je décris a bel et bien existé, et existe encore. Mais le déséquilibre auquel nous assistons, dans la société islamique et le monde en général, concernant la femme, n’a pas fini de faire couler beaucoup d’encre. Si la modernité a libéré la femme, elle n’a pas résolu le problème quant au sens et à sa place réelle dans la société. C’est un débat ouvert qui nous interpelle tous. Est-elle femme-objet du désir et des fantasmes de l’homme ou terre de stabilité, de fécondité pour la quiétude des âmes ? »
Si de nombreux propos de Khaled Bentounès présentent un intérêt sociétal, l’aspect traditionnel n’est point absent de ces textes, bien au contraire :
« Sans le dhikr, l’expérience intérieure n’est pas totale. C’est en cela aussi que cet enseignement si profondément et si spécifiquement islamique dépasse l’aire géographique et spirituelle musulmane pour interpeller tous les hommes, par-delà toutes les formes et toutes les limites, et les inviter au souvenir de Dieu. Dieu dit : Souvenez-vous de Moi, Je Me souviendrai de vous. (Coran, souratre 2, verset 152.)
Nous voyons donc l’importance de l’invocation. Si nous oublions Dieu, Dieu nous oublie, et nous nous oublions nous-mêmes. Si nous L’invoquons, Il se souvient de nous, c’est-à-dire qu’Il nous rappelle à nous-mêmes. Ce souvenir de Dieu est en nous, il se fait par nous et en nous. »
De tels passages, importants tant techniquement que théosophiquement, sont fréquents dans l’enseignement du Cheilh.