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Ce livre publié dans la belle collection Paroles retrouvées n’est pas spécifiquement de caractère maçonnique même si l’auteur, directeur du Centre d’études des religions de l’Université Libre de Bruxelles, a déjà écrit plusieurs livres sur la Franc-maçonnerie.

-En effet, l’archétype représenté par le Temple de Salomon dépasse la tradition maçonnique qu’il hante cependant et concerne toute queste traditionnelle. La tradition hébraïque comme, beaucoup plus tard, la tradition maçonnique se sont emparées du Temple de Salomon pour en faire, indépendamment de l’histoire, le symbole même de la queste initiatique.
Enjeu politique, source de conflits majeurs, le Temple, dans sa dimension temporelle comme dans sa dimension intemporelle est tantôt vecteur de destruction, tantôt vecteur d’achèvement et de perfection. L’auteur nous propose de « cheminer avec le monde biblique sur cette route imaginaire qui peut s’avérer fondatrice ou dévastatrice. »
Ce livre, par une relecture des textes dits « canoniques », nous démontre comment le Bâtir-Habiter-Penser de la philosophie est transcendé par la dimension initiatique qui introduit dans le schéma la destruction de l’édifice fondateur et sa sublimation.
Balayant les carcans dogmatiques, poussant si nécessaire dans les placards les savoirs universitaires, ne revendiquant que la seule universalité du doute, Baudoin Decharneux conduit le lecteur dans un voyage peu orthodoxe et réjouissant dans des textes qui ne demandent qu’à vivre, matériaux d’un temple de l’homme qui reste, pour chacun de nous, à construire.
« Le spirituel invite à la connaissance de soi-même. Il paraît que quand un homme fait ce chemin, on en parle longtemps… au point de mettre des siècles à occulter son message par des trésors d’érudition ou des montagnes de superstitions. Au risque de mécontenter les lettrés, mes pères et pairs, ou d’entraîner l’anathème de ceux qui savent, voici quelques lignes qui n’ont d’autres ambitions que de faire sourire… Ma relecture en quelque sorte, qui ne prétend à aucune exhaustivité, vérité ou connaissance ni je ne sais encore quelle prétention qui, à force de tyranniser le prochain, ne témoigne que d’une pitoyable impuissance. Les mots qui suivent ne sont pas pour ceux qui ont touché au but, ils sont écrits pour quelques amis dont j’ignore le nom, pour lesquels cheminer est une valeur en soi. »