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Ce livre, préfacé par M. Tsien Tai à l’époque ambassadeur de Chine en Belgique, fut publié initialement en 1938 aux Editions Fransiscaines. Il demeure une étude exemplaire dans le domaine si difficile du confucianisme. L’ouvrage est organisé de manière très méthodique à partir des origines de l’enseignement de Maître Koung, de la constitution de son école et de la transmission de l’enseignement par les disciples avant d’étudie la doctrine confucéenne en six grandes parties : L’homme et sa nature, la société humaine, la loi de la vie sociale, la famille, l’état et la paix mondiale. Une dernière partie étudie les liens entre confucianisme et christianisme.
« Le Confucianisme s’appelle en chinois : « Jou-Kia », l’école des « Jou » (…)
La doctrine de l’Ecole des Jou est essentiellement la sagesse traditionnelle des anciens Rois, sages, vertueux, dont les hautes physionomies ouvrent l’histoire nationale de Chine ; (…) Confucius a repris cette tradition glorieuse ; il en a colligé et perfectionné les données en les développant en un système complet et, par l’intermédiaire de ses disciples, il l’a transmise aux générations qui allaient suivre. C’est ainsi qu’il est considéré comme le Maître et le fondateur de l’Ecole des Jou. Il n’est pas cependant l’auteur unique et premier de la doctrine qui porte son nom. (…)
L’héritage spirituel que cette Ecole a reçu des anciens peut se résumer en quelques préceptes qui entassent les principaux devoirs d’état des hommes de gouvernement. 1° Aimer le peuple, le renouveler moralement et lui procurer les moyens nécessaires pour l’entretien de sa vie quotidienne. 2° Pour ce motif servir en premier lieu avec un souverain respect Celui qui est le Suprême Dénominateur. 3° Cultiver la vertu personnelle et viser sans cesse à la perfection. 4° Dans la vie privée comme dans la vie publique, observer toujours la voie supérieure du « Juste Milieu ». 5° Tenir compte des deux sortes d’inclinations de l’homme : les unes viennent de la chair et sont dangereuses ; les autres appartiennent à la raison et sont très subtiles et faciles à perdre. 6° Pratiquer les devoirs des cinq relations sociales. 7° Avoir pour objet final la paix universelle et le bonheur général. »
Le Confucianisme eut une influence considérable au fil des siècles. Celle-ci perdure et il faut s’attendre à un nouveau rayonnement de la doctrine confucéenne. Il faut même le souhaiter tant cet enseignement est un art abouti de l’équilibre. Confucius ayant été peut-être trop discret à ce sujet afin d’éviter que ses contemporains tombent ou persistent dans la superstition, les penseurs français ont souvent occulté la dimension axiale et religieuse de son enseignement pour n’en retenir qu’une sorte de rationalisme politique. Or chez Confucius, toute décision, toute action, sociale et politique, s’inscrit dans l’écoulement divin des choses. Il fut un esprit profondément religieux et on ne saurait connaître sa doctrine sans la relier à la foi religieuse des aïeux.