De Paracelse à l’homéopathie
« Il n’est aucune activité plus unanimement reconnue, depuis les siècles les plus reculés, comme cet art incertain que la thérapeutique. Aucune ne peut donc moins se soustraire à un examen critique de sa valeur essentielle, puisque sur elle repose le bien le plus cher de notre vie terrestre : la santé ». Ce texte constitue les premières lignes de la préface qu’écrivit en 1810, Samuel Hahnemann au début de son célèbre ouvrage « Organon, ou l’art de guérir ». Rappelons qu’Hahnemann (1755-1843) est le père de l’homéopathie et malgré les deux siècles qui le séparent de Paracelse (1493-1541) il n’en demeure pas moins l’un de ses plus fidèles disciples, et continuateurs.
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Cet exposé constitue le troisième volet de notre collection intitulée « Alcool et Alchimie ». Après un peu d’histoire (volet 1) puis la réalisation d’une pierre végétale (volet 2), Matthieu Frécon aborde ici les liens subtils qui unissent l'alchimie à l'homéopathie. Il nous montrera aussi comment fabriquer, concrètement, des granules homéopathiques, à partir d’un élixir d'absynthe.


L’homéopathie est un outil très précieux pour tous les alchimistes !
Au fil de cet exposé, particulièrement dense, la médecine des émotions que développa le docteur britannique Edward Bach (1886-1936) créateur des célèbres « Fleurs de Bach », sera aussi présentée. Matthieu nous explicitera ensuite la notion assez énigmatique des « Feux Secrets » en Alchimie.


1CH, 2CH etc... Que reste-t-il de la molécule de départ si ce n’est une trace infinitésimale de leur « Esprit », initial ?
Hahnemann considérait notre santé comme le bien « le plus cher de notre vie terrestre » : souhaitez-vous justement découvrir les capacités insoupçonnées de guérison de notre corps ? Et même d’auto-guérison : l'importance du lien thérapeutique et le rôle crucial des capacités d'assimilation du corps humain ?
Un processus analogue de connaissance totale de l'Homme, sur tous ses plans, que l'on retrouve au niveau social ou gustatif, dans le partage d'un verre d'alcool, ou encore, d'une manière plus sérieuse et conséquente, sur un plan thérapeutique...
Extrait de la vidéo
On va faire un élixir d'absinthe sous forme de granules homéopathiques. Il faut faire le remède, la pierre, donc ça c'est pas vraiment un problème, il y a des procédés plus faciles que celui-là, mais celui-là va vraiment nous aider à bien comprendre le mécanisme. Et après il faut le rendre assimilable, parce qu'il a beaucoup d'énergie, et donc c'est comme le sirop, pour obtenir le sirop de grenadine, pour en avoir vraiment bien le goût, il faut quand même mettre de l'eau dedans, sinon on n'a pas vraiment le goût.
La grenadine c'est un mauvais exemple, parce que c'est trop concentré. L'alcool du Kirsch par exemple, l'eau de vie de cerise, à 75 degrés, on n'en profite pas très bien parce que c'est trop fort pour nous, donc on met de l'eau, on dilue, à 45 on a tous les arômes. Là c'est la même chose, il va falloir trouver une façon d'adoucir ce remède sans diminuer sa force, pour pouvoir l'assimiler, que le corps puisse en profiter.
Et c'est pour ça qu'on va en faire une dilution homéopathique. Donc je disais que l'homéopathie est un outil très précieux pour les alchimistes. Mais vraiment, un outil très précieux. En plus, c'est un outil qui a été fait par un paracelsien, un médecin paracelsien, et donc qui a emprunté énormément à Paracels.
Alors Hahnemann est un paracelsien qui a inventé un nouveau système thérapeutique avec une matière médicale, c'est-à-dire des matières premières, une façon de préparer les remèdes, et une façon de concevoir la vie, la santé, la maladie, le soin et tout ça. Et l'ensemble ça fait un système thérapeutique. Et on peut dire, là c'est assez personnel, mais on peut dire que ce système thérapeutique c'est tout simplement la relation thérapeutique.
La relation thérapeutique c'est la relation entre le patient et le thérapeute qui s'établit et qui est énormément plus dans le processus de guérison. Alors moi j'ai élargi ce concept de relation thérapeutique à le thérapeute, le patient, et puis la médecine en question. Et quand le thérapeute et le patient sont la même personne parce qu'on travaille sur nous, il s'agit d'avoir une relation de cet ordre-là avec une façon globale de voir la vie, la santé, la maladie, donc un système thérapeutique, et puis les matières avec lesquelles on travaille, la matière première, les plantes, etc.
Et tout ça, ça forme un ensemble qui fonctionne de la même façon que cette relation thérapeutique entre le thérapeute et le patient. Alors on reproche, c'est une petite parenthèse, mais c'est très important de préciser ce truc-là, on reproche à l'homéopathie, en France en tout cas parce que c'est vraiment la guerre, pour ou contre, on reproche aux remèdes homéopathiques de fonctionner comme l'effet placebo.
Alors, on ne va pas discuter de ça, mais on va essayer de réfléchir au sens que ça a. Qu'est-ce que l'effet placebo ? Qu'est-ce que le placebo plus exactement ? Le placebo et l'effet placebo, qui est une expérience sur le placebo.
D'abord, placebo, c'est un beau mot parce que ça veut dire « je plais ». Déjà, ça, c'est quand même la classe. Et puis ça met en lumière deux choses, c'est que l'esprit a la capacité, ça met en lumière la capacité d'auto-guérison par la force de l'esprit, par la puissance de l'esprit. Ça met en lumière la puissance de l'esprit et aussi notre capacité à se guérir tout seul.
Après, on peut dire « oui, c'est plus que ça » parce que, par exemple, les animaux, etc., ils ne savent pas et tout. En fait, on ne sait pas trop ce que pensent les animaux, mais je veux bien dire que le mot « esprit » dans le sens pensé est un peu réducteur et qu'on pourrait réfléchir plus là-dessus. Mais bon, ça va nous suffire, je crois, pour maintenant. Mais c'est quand même la base, c'est quand même le point le plus important pour la médecine, au sens large.
C'est le sous-titre du livre de Bach « Guéris-toi toi-même ». Notre capacité, ça veut dire que notre corps a tout pour se débrouiller, pour se réparer tout seul, même à un niveau très profond, et que notre corps et notre esprit, voilà. Donc, ça change un peu notre relation par rapport aux aides extérieures, que sont les remèdes, les médicaments. Ça nous redonne confiance, etc.
Et puis, ça change par rapport à notre... C'est aussi le fondement du fonctionnement de l'homéopathie. Vous savez, le fonctionnement de l'homéopathie, Hahnemann, dans son livre... Alors, si Bach a écrit un petit livre qui s'appelle « Guéris-toi toi-même », « La guérison par les fleurs », ou « La guérison par les fleurs, guéris-toi toi-même », Hahnemann aussi a écrit un livre qui est plus important, mais qui est très, très bien écrit, très bien rédigé, très ordonné, facile à étudier, qui s'appelle « L'organon », organon, O-R-G-A-N-O-N, ou « L'art de guérir », où il donne tous les principes de l'homéopathie, et aussi la fabrication des remèdes.
Il ne manque plus que la matière médicale, et ça, ce n'est pas ce qui m'intéresse, parce que ça, par contre, là, il y a trois gros volumes, et puis c'est l'enfer. Il faut vraiment étudier des années, puis je n'ai pas du tout... Voilà, ça ne m'intéresse pas. Mais par contre, dans l'organon, il y a vraiment tout, y compris la fabrication des granules.
Tout, quoi. Alors, le principe de l'homéopathie, donc, qui est décrit dans « L'organon », j'ai refermé ma parenthèse, c'est, il compare, il dit que... Il prend une image. Il dit, quand une armée va au combat, parce qu'on est quand même en Prusse, 18e siècle, ça castagneait tout le temps.
Quand une armée va au combat, donc, ils y vont, c'est comme ça, et puis tout à coup, ils entendent l'armée en face, avec ses tambours et ses trompettes, etc., puis là, ils commencent à flipper. Alors, les chefs qui sont derrière, ils font sonner plus fort les tambours et les trompettes de leur propre armée, pour redonner du courage à leurs soldats, puis après, ils vont tous se faire massacrer sur le champ de bataille.
Voilà, dans la joie et la bonne humeur. Il dit que ça fonctionne comme ça. C'est-à-dire que, par exemple, si quelqu'un a un symptôme de grippe, par exemple, on va envoyer au corps un faux symptôme de grippe, on va envoyer au corps un symptôme de grippe, et le corps va réagir, et répondre, et se débarrasser du symptôme, et puis du coup, de la grippe qui va avec. C'est ça le fonctionnement de l'homéopathie.
Donc, effectivement, on est en plein placebo. La puissance de l'esprit et la faculté d'auto-guérison. Alors, Hahnemann, comme il allait chez ses patients à cheval, ça secouait ses médicaments, puis il a finalement découvert le principe de dilution, il a mis ça en relation avec ce qu'il connaissait de Paracels, enfin, il y a un tas de trucs comme ça, vous connaissez les feux secrets, vous avez compris, et il y a un tas de choses comme ça, et donc, il a défini une façon de préparer les remèdes.
Alors, c'est vachement bien pour nous. Ça consiste à prendre la dilution Hahnemannienne, c'est, on a une matière première, par exemple, une teinture d'absinthe, ou n'importe quoi, ou de l'oeuf pourri écrasé, ce qu'on veut, quoi, comme ça, dont on fait une teinture mère. Alors, la teinture mère, le terme est Hahnemann, ça distingue sa teinture avec des plantes fraîches, ou des matières fraîches, de la teinture phyto de l'époque, qui était faite avec des plantes sèches.
Voilà. Donc ça, historiquement, c'est un petit rappel historique. Donc, on a cette teinture, par exemple, voilà, et on prend une goutte de cette teinture, et on la met dans 100 gouttes de solvant.