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Voici l'une des études les plus approfondies sur le mystère et le mythe de la "bête du Gevaudan". Pierre Cubizolles, historien, reprend l'enquête, étudie les documents de l'époque, les témoignages, les écrits les plus divers pour dresser le portrait-robot du coupable, portrait d'un anthropoïde. Ecartant la thèse du loup qui ne tient pas même à un premier examen des faits, l'auteur s'intéresse aux cas de zoanthrie depuis l'antiquité jusqu'aux récentes études sociologiques relatives aux hommes-panthères, hommes-léopards que connaît le continent africain.

"La thèse de sadiques déguisés explique aussi pourquoi les victimes sont décapitées, la tête portée au loin, cachée ou enterrée : afin de gêner les recherches et assurer une plus grande impunité.
Le sadisme de cet ignoble animal, allant jusqu'à dépecer ses victimes sans les manger, ne surprend plus, ni son audace le poussant jusqu'au seuil des maisons,...
Son déguisement (peau de loup, de sanglier, de vache, de cheval,...), agissant comme une cuirasse, un gilet pare-balles, explique également son invulnérabilité, sans oublier que les chasseurs tirèrent souvent sur de vrais loups qu'ils traquaient et les manquèrent ou les blessèrent, parfois aussi les tuèrent. Ne chassait-on pas, en effet, le loup dans les bois, tandis que l'égorgeur n'était jamais poursuivi ?
On comprend aussi pourquoi ces loups diaboliques évitaient tous les pièges, ne touchaient pas aux appâts empoisonnés, ne revenaient jamais sur leurs victimes, ne s'attaquaient pas aux dragons du capitaine Duhamel déguisés en femmes,...
Les meurtres comparables, avec viol, tortures, strangulation, abandon du cadavre dans la nature, qui se commettent de nos jours, viennent confirmer cette thèse."