Le tombeau des ducs de Bretagne : une visite alchimique

Admiré par Stendhal et Victor Hugo, commenté en 1929 par l’énigmatique Fulcanelli : le tombeau des ducs de Bretagne (1507) n’est pas un monument funéraire comme les autres. Réalisé selon les plans de l’alchimiste Jean Perréal, il semble que le message dont il soit porteur ait traversé les âges, et placerait l’union des ténèbres à la lumière, du masculin et du féminin comme ultime but de notre brève incarnation sur Terre.

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Une philosophie d’essence hermétique, qui vise à allier, à travers ce couple, le temps court du « ici et maintenant » au temps long : celui de l’immortalité.
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Unir et non diviser : le défi de l’œuvre alchimique

Ainsi, ces deux gisants, entourés des quatre vertus cardinales, soutenus en contrebas des douze apôtres formeraient une monade aérienne, une axialité que Thomas Grison s’attache à présenter sous les traits d'un christ androgyne... Une sorte de mariage céleste que certains nomment hiérogamie.
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Allier les énergies de la Terre à celles du Ciel

A travers ce couple royal, ces arabesques, ces trois couleurs, ces quatre règnes, cette Justice (glaive et balance), cette Prudence (jeune femme et vieil homme à la fois), cette Force (énergies chtoniennes dragonnesque) et cette Tempérance (maitrise de la bride) souhaitez-vous allez à la découverte de la quintessence de ces « noces chymiques » ?

Eléments de réponse par Thomas Grison, interviewé par Caroline Chabot.

Extrait de la vidéo

Bonjour Thomas Grison, nous nous rencontrons aujourd'hui pour nous entretenir d'un de vos livres qui veut nous parler donc de le tombeau des dupes de Bretagne et son symbolisme. Auparavant, je voudrais vous présenter pour nos auditeurs et nos téléspectateurs. Donc vous êtes professeur d'anglais, musicien, poète, improvisateur et auteur de livres ésotériques, en particulier celui qui vous a fait connaître le tarot de Marseille et l'ésotérisme chrétien à l'œuvre et aujourd'hui nous abordons le tombeau des dupes de Bretagne et son symbolisme aux éditions Raphaël de Surtis.

Donc ce tombeau se trouve à la cathédrale de Nantes et vous le visitez de façon régulière. Donc vous avez un parcours à nous proposer qui est de commencer par l'un des quatre coins de ce tombeau qui est composé aux quatre coins des quatre vertus cardinales. Nous allons donc visiter avec vous ce tombeau, en voir quelques détails et surtout voir en quoi c'est un voyage alchimique, c'est une progression pour l'être humain, c'est un chemin initiatique.

Alors vous commencez par quel coin, dites-moi ? Alors souvent je commence par la justice et en même temps je commence souvent par les visites que je fais par rapport au tombeau, je les commence régulièrement par une grande photo murale en fait qu'on trouve devant le tombeau qui nous montre une photo aérienne du tombeau. L'idée c'est un petit peu d'expliquer la structuration du tombeau en premier lieu.

Et c'est vrai que moi par rapport à ça, j'explique un petit peu mon déclic par rapport à ce fameux tombeau et à cette écriture de ce livre. C'est suite à l'écriture de mon livre sur le tarot de Marseille que finalement en entrant dans la cathédrale de Nantes, par rapport au tombeau que je connaissais déjà un petit peu, j'ai eu ce fameux déclic. L'idée c'était par rapport à la carte du monde du tarot de Marseille qui est la carte numéro 21, qui est à mon avis structurée de la même manière que le tombeau des Ducs de Bretagne puisqu'on a une mandorle, un ensemble au milieu qui est encadré par quatre éléments, effectivement comme dans la mandorle du tarot de Marseille.

Pourtant dans le tombeau, il y a deux personnages, il n'y en a pas qu'un, il y a à la fois le Duc et son épouse Marguerite de Foix. Voilà, bon alors là on rentre directement dans le vif du sujet puisque effectivement dans le tarot de Marseille, on a un personnage qui est central, qui est dans une mandorle. Alors évidemment ce qu'on doit savoir c'est que dans la mandorle, traditionnellement dans l'iconographie chrétienne, c'est toujours le même personnage qui apparaît, c'est le Christ.

Et dans le tarot de Marseille, c'est effectivement encore le Christ qui apparaît, même si dans tous les tarots modernes, on a quelque chose de différent puisqu'on a un personnage féminin qui nous est présenté. Et c'est vrai qu'à mon sens, il faut se rappeler quand même qu'au départ, on a un personnage qui est un, moi j'appelle le Christ androgyne, qu'on arrive bien à définir déjà par le tarot avec une carte qui s'appelle le Monde, et le Monde dans l'iconographie ou dans la géographie chrétienne, c'est une figure du Christ, voilà.

Moi je fais souvent référence à l'histoire de Saint Christophe dans la légende dorée de Jacques de Voragine, et dans cette histoire on a donc Saint Christophe qui porte le Christ sur son dos, qui lui fait traverser la rivière, et puis qui lui dit en arrivant de l'autre côté, il m'a semblé avoir porté le Monde sur mon dos, et l'enfant lui parle et lui répond, non seulement tu as porté le Monde, mais tu as porté celui qui a créé le Monde.

Et donc cette carte du Monde nous montre bien une figuration du Christ, un Christ androgyne, un Christ qui en fait permet de marier ou de célébrer les noces du soufflet du mercure, du soleil et de la lune, tous ces éléments-là, et effectivement sur le tombeau des ducs de Bretagne, on ne pouvait pas montrer un personnage unique et androgyne, il a fallu effectivement montrer deux personnages, et qui est un couple, et alors ces deux personnages qui sont gisants et qui reposent sur un oreiller, ces deux personnages masculin et féminin, le duc et sa duchesse, sont là pour nous montrer justement tout ce que peuvent signifier les symboles alchimiques du tombeau, c'est-à-dire les épousailles à la fin pour une attente de résurrection.

Oui, c'est vrai que ces deux personnages d'abord ne sont pas morts comme la majorité des gisants à la période médiévale, les vêtements montrent qu'ils ne sont pas couchés mais qu'ils sont debout, à la fois les vêtements, la chevelure, il y a beaucoup d'éléments comme ça. Bref, on nous montre quand même des personnages qui sont à la fois couchés et debout, donc couchés parce qu'effectivement ils ont l'apparence de la mort, mais au niveau symbolique, ils restent debout, c'est-à-dire dans l'attente de cette fameuse résurrection qui doit arriver un jour.

Pour revenir à ce que vous disiez tout à l'heure par rapport justement à cette image du Christ androgyne, vous dites d'ailleurs très bien dans votre livre à un moment donné que la mort est justement due parce qu'ils se sont séparés, que la femme est sortie et qu'ils ont fait deux masculins et féminins, et c'est pour ça que la mort est arrivée. Vous en parlez très bien dans votre livre. Tout à fait, ça c'est un extrait de l'évangile de Philippe, je pense, ou de Thomas.

C'est effectivement des thèses qui ont été beaucoup développées dans la littérature agnostique et puis ensuite reprises aussi par les cabalistes médiévaux, donc c'est des thèmes qui réapparaissent ici et là à travers l'histoire, mais effectivement on a ce personnage que dans la cabale on appelle l'Adam Cadmon qui est cet homme fondateur ou primitif qui englobait en fait l'homme et la femme. Et on a effectivement cette chute originelle, mais cette chute originelle qui a déjà un antécédent avec la séparation de l'homme et de la femme, parce que l'homme a été créé à l'image de Dieu, il est à ce moment-là unifié à la fois homme et femme, et puis intervient la fameuse séparation qui est donc un prélude à la chute, et finalement cette séparation fait que l'homme a perdu sa ressemblance avec Dieu finalement.

Et donc pour retourner dans cette union avec Dieu, il faut donc à nouveau rassembler l'homme et la femme et faire en sorte donc de réunir les deux. Donc le tombeau se propose effectivement à mon sens d'opérer ce mariage,

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