La Kabbale chrétienne par Fransiscus Mercurius van Helmont

Fransiscus Mercurius van Helmont (1614-1698) est le fils du célèbre alchimiste Jean-Baptiste van Helmont (1579-1644). Avec Christian Knorr von Rosenroth (1636-1689), il tentera de retrouver un christianisme primitif en retournant à ses origines, le Judaïsme, écartant ainsi les influences de la philosophie grecque qui se sont imposées dans l’Eglise chrétienne. D’où l’idée de « kabbale chrétienne », expression qui prête à confusion.
Une longue introduction permet de situer l’œuvre de Jean-Baptiste van Helmont dans un courant qui rassemble de nombreux chercheurs et auteurs majeurs comme Pic de la Mirandole (1463-1494), Marsile Ficin (1433-1499), Johannes Reuchlin (1455-1522), Francesco Giorgio (1460-1540), Guillaume Postel (1510-1581) et d’autres qui laissèrent des œuvres de référence, plus ou moins teintées d’alchimie. Ce mouvement de retour aux sources du Judaïsme croise et se nourrit des évolutions au sein des écoles de kabbale avec surtout Isaac Louria (1534-1572).

Dans l’introduction, nous relevons cette précision importante :
« De nos jours, lorsque l’on parle de Kabbale chrétienne, on sous-entend que cette dernière est étroitement liée à l’Occultisme et à la Magie, alors qu’il n’en est rien. Dans la majorité des cas, comme nous l’avons évoqué dans cette introduction, l’approche chrétienne de la Kabbale est avant tout érudite et sert les arguments de leurs auteurs afin de forcer indirectement la conversion des Juifs. Si de nombreux auteurs chrétiens se sont aventurés dans la mystique juive, c’est également en réaction envers les différentes approches dogmatiques du catholicisme et de l’orthodoxie. Pour d’autres, il s’est agi de faire que les réformes protestantes retournent aux sources du Christianisme mais, comme nous le savons, la Kabbale, telle que nous la connaissons actuellement, n’existait pas à l’époque du Jésus historique. Elle s’est développée en parallèle à la Gnose chrétienne, païenne et des courants du Proche-Orient. »
Pour l’introducteur, l’intérêt des textes peu connus de Fransiscus Mercurius van Helmont est double : découvrir la Kabbale d’Isaac Louria et son influence, renouveler notre vision d’un Christianisme transcendant.

Quatre textes sont rassemblés dans ce volume :
Adumbration Kabbalae Christianae (1684). Aperçu de la Kabbale chrétienne. Texte qui se présente sous la forme d’un dialogue entre un philosophe chrétien et un kabbaliste.
Dialogue kabbalistique en réponse à l’opinion d’un savant docteur en philosophie et en théologie, que le Monde a été créé à partir de rien (1677). C’est une réponse au philosophe Henry More.
Exposition du premier chapitre de la Genèse. Respectueux du dogme chrétien, l’auteur cherche à éclairer un sens caché de la Genèse.
Concernant la révolution des âmes humaines (1685). Suivi de L’Être divin et ses attributs démontré philosophiquement à partir des écritures Saintes, et Nature originelle des Choses. Dans ce texte, la réincarnation est envisagée de différentes manières à partir de l’interprétation des Evangiles.
Plusieurs annexes viennent compléter ces textes. Cet ensemble, parfois très pédagogique, permet d’étudier la pensée de Fransiscus Mercurius van Helmont, une pensée vivante qui laisse toute sa place à l’interrogation et, malgré l’érudition, au recours à l’expérience spirituelle.

Source : La Lettre du Crocodile

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