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C’est une édition particulièrement intéressante des Clavicules de Salomon que publient les Editions Amici Librorum, avec une longue introduction de Stephan Hoebeeck qui présente la démarche d’Eliphas Lévi (1810-1875).

  « Le grimoire est particulier, dit-il, par la combinaison d’éléments divers : il combine des éléments pris à la cabale, plus particulièrement les soixante-douze anges du Shem hamforash, et aux Tarots. L’utilisation de ces derniers n’est néanmoins pas divinatoire mais magique : il ne s’agit pas de découvrir son avenir, mais de le déterminer par des moyens magiques. Il y a enfin un sens spirituel sous-jacent au grimoire comme dans toute l’œuvre d’Eliphas Lévi, et même dans toute opération magique. Derrière les promesses aux apparences triviales – amour, richesse, chance, puissance – les opérations magiques permettent aussi une rencontre directe avec l’univers spirituel caché. »

 

 

 

Le manuscrit d’Eliphas Lévi était probablement un brouillon non corrigé. En effet, certaines erreurs sont simplement des fautes, d’autres pourraient être volontaires, incohérences, curiosités ou autres, pour servir le cryptage du texte. De nombreux problèmes se posent aux lecteurs. Les éditions successives, de Samuel Liddell Mathers, de Fred MacParthy, ont corrigé certaines d’entre elles, notamment les dessins approximatifs des lettres hébraïques. Stephan Hoebeeck poursuit ici cette clarification en ajoutant des notes pour indiquer ou commenter certaines erreurs apparentes. Il signale une autre difficulté :

« Si le grimoire comporte quelques coquilles volontaires ou non, il comporte un autre problème : Eliphas Lévi procède par décroissance d’informations. Les premiers talismans sont surchargés de références, et au fur et à mesure des pages, des informations sont omises, tellement que parfois il ne dessine même plus le talisman : nous sommes censés être capables de le réaliser nous-mêmes. Cette manière de procéder est très saine pour obliger l’étudiant à poursuivre ses recherches, à comprendre le système par lui-même et pas à seulement copier le Maître sans réfléchir à ce que l’on fait. »

C’est une méthode traditionnelle qui dérange aujourd’hui mais qui fait partie du processus d’appropriation de la voie proposée. Conscient de la difficulté, Stephan Hoebeeck accompagne le chercheur dans cette appropriation par ces annotations. Bien des questions demeurent auxquelles l’investigation et la pratique seules peuvent apporter des réponses.

Cette édition reproduit l’ouvrage publié par Lucien Chamuel en 1895 d’après le manuscrit dessiné et écrit par Eliphas Lévi pour M. le Baron de Spedaliéri, son disciple. Toutefois, le manuscrit original d’Eliphas Lévi, longtemps détenu par Christiane Buisset et mis en vente récemment, semble comporter des différences significatives. L’histoire n’est donc pas close mais cette édition est un pas de plus vers la compréhension des Clavicules.

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