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Franck Terreaux est accordeur de piano et ce n’est certes pas un hasard s’il s’est tourné vers les philosophies de l’éveil.  Nous nous souviendrons de deux ouvrages qu’il a publiés cher L’Originel-Charles Antoni, L’éveil pour les paresseux en 2010 puis L’art de ne rien faire en 2011 dans lesquels l’originalité et la liberté de propos et de ton ébranlaient déjà les carapaces du moi. Il poursuit ici avec ses « Petits arrangements entre amis » pleins de d’à-propos non-dualistes.

Tout comme Douglas Harding, Franck Terreaux propose des petits exercices simples au lecteur conduisant à des expériences perceptives simples mais révélatrices d’évidences que nous refusons habituellement d’actualiser.

« Si je devais définir cette extinction que d’autres appellent éveil, nous dit-il, je dirais qu’elle révèle un quelque chose en moins qui donnait l’impression de devoir rajouter un quelque chose en plus. Jean Klein disait : « C’est derrière votre absence que se trouve votre véritable présence. » Jean disait aussi : L’illumination, c’est voir qu’il n’y a personne à illuminer. » Le sentiment moi n’a donc rien à voir avec ça et s’il n’a rien à y voir, tout travail, tout effort déployé par ce moi est hors sujet et totalement à côté de la plaque. »

Franck Terreaux nous rappelle, comme Jean Klein, Stephen Jourdain et d’autres, qu’en matière d’éveil, il n’y a pas de règles. Il balaie, avec tranquillité, les clichés, préjugés, attentes qui figent, en renversant le processus supposé de l’éveil : « il est clair et évident que l’éveil n’est pas un plus mais un moins. Autrement dit, l’éveil, ou plutôt l’extinction, est non pas un quelque chose qui s’atteint mais un quelque chose qui s’éteint. ».

Les modes de pensée analytique ou discursive et de pensée perceptive sont abordés à travers commentaires et surtout exercices ou même simples décalages spontanés. Il déboulonne volontiers les idoles (les concepts) avec humour sous la forme d’entretiens qui, parfois, ne suscitent aucun commentaire. 

« Si là, en cet instant, vous essayez de ne pas être, aussitôt c’est là. Si là, en cet instant, vous ne faites rien, aucun effort, pas même méditer, aussitôt c’est là. Si là, en cet instant, vous vous laissez glisser dans l’inconnaissance, aussitôt c’est là. C’est juste ça, stop, sans rajout d’aucune sorte. »

Reconnaître l’unicité, se reconnaître comme unicité, est une découverte pertinente et une évidence impertinente. C’est un regard que nous offre Franck Terreaux, celui qui apparaît quand on cesse de regarder. 

Demeurent la poésie et la beauté de la vie.

 

« C’est un voir c’est un regard

Qui est déjà en train de regarder

Avant même l’intention

De rajouter le nôtre ».

Source: La lettre du crocodile 

 

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