Hommage à Gitta Mallasz, par Jeanne Gruson
Hommage de Jeanne Gruson à Gitta Mallasz, rendu au cours de cette soirée organisée par l'ADDA Association pour la diffusion des Dialogues avec l'ange au Forum 104 (Paris)... Souvenirs et anecdotes personnels concernant cette femme d'exception, Gitta Mallasz, qui fut le témoin d'un long dialogue étalé sur dix-huit mois, avec des entités supra-humaines. Anges? Archanges? Séraphins ?.... ou Maitres Intérieurs ?
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Extrait de la vidéo
Je fais partie de cette poignée de dinosaures encore en vie qui ont été très très proches de Guita. Et moi je suis arrivée vers la fin, je fais partie de la dernière fournée du scénario des anges. J'ai connu Guita parce qu'une amie qui s'appelle Sarah m'a téléphoné un jour en me disant je voudrais faire une pièce de théâtre sur Dialogue avec l'ange, toi qui oses tout ça, machin. Bon écoute, je vais trouver son téléphone.
Je téléphone un ami d'enfance qui est Michel Cazenave, il me dit tu sais elle n'aime pas trop être embêtée mais je sais que tu n'exagèreras pas donc voilà son numéro. J'appelle cette dame et je lui dis on voudrait faire, une personne voudrait faire une pièce de théâtre sur les Dialogues. Elle me dit mon petit c'est pas possible parce que c'est une expérience intérieure, individuelle et je ne vois pas du tout une possibilité audiovisuelle.
Bon mais elle me dit mais par contre, je dis comment je peux aider, elle me dit par contre j'ai un projet, je voudrais faire faire des cassettes à partir des Dialogues. Je me dis est-ce que je peux aider, alors j'ai trouvé le Souffle d'or, c'était Rogebrecht qui avait programmé ça. Donc il y a des cassettes qui sont sorties, qui sont là, qui sont des cassettes qui ont été du premier, première version des Dialogues qui n'étaient déjà pas complètes et ce sont que des extraits.
Donc d'ailleurs, nous souhaitons faire prochainement l'intégralité des cassettes et de grands acteurs sont prêts à prêter leur voix. Et c'est sorti mais entre temps, moi j'ai fait un bilan de santé comme tout le monde en fait régulièrement et puis on trouve une tuberculose, enfin des traces de soi-disant tuberculose mais comme je n'avais pas de radio ou d'examen comparatif, on m'a mis sur des tonnes d'antituberc, de tous les médicaments qu'il fallait pour éviter d'être très malade.
Et ça m'a épuisée, je suis partie chez mes parents pour me reposer, c'était entre Noël et le Nouvel An et là, j'étais très très mal, on m'amène aux urgences de Purpan et je tombe sur un interne qui n'était pas en vacances et qui commence à me dire à madame vous n'avez certainement pas, peut-être pas, certainement pas un cancer des ovaires mais enfin c'est possible mais peut-être même un cancer du sein et tout alors je rentre chez moi, chez mes parents en pleurant et en pensant que j'allais mourir parce qu'entre une tuberculose, un cancer du sein, un cancer des ovaires, j'avais plus grande chance et je me suis dit qu'est-ce que je fais ?
Il n'y avait pas les téléphones portables, il n'y avait pas tout ça, tous mes amis étaient au sport d'hiver, mon gynéco était en vacances, j'avais qu'un recours, appeler cette dame que je n'avais jamais osé rappeler et en pleurant, je me dis je vais mourir et elle m'a dit mon petit, je suis le chien de chasse des anges, je ne vais pas imiter sa voix parce que je ne sais pas trop le faire, je suis le chien de chasse des anges et j'ai le flair pour sentir ceux qui ont le désir, non seulement tu ne vas pas mourir mais tu vas faire de grandes choses, à partir de maintenant, appelle-moi tous les jours puis moi je n'osais pas du tout l'appeler tous les jours d'ailleurs et les jours où je n'appelais pas, elle appelait et disait alors mon petit, tu es encore dans mon petit moi et alors là je notais, moi c'était quelqu'un qui me parlait, je notais toutes les phrases qu'elle me disait, j'écoutais, je buvais ça, j'écrivais et ça a duré des jours, des semaines et des mois et puis un jour, il n'y avait plus personne au bout du fil, un jour, deux jours, trois jours et un jour, il y avait un homme au bout du fil, c'est Bernard Manteau, il m'a dit elle a eu un accident alors c'était toute petite, elle avait une deux chevaux et avec son nez qui dépassait là sur les deux chevaux, sur le truc, elle avait eu un accident, effectivement les deux poignées cassées, elle va à l'hôpital à Fumelle, là j'ai plus de nouvelles pendant quelque temps parce qu'elle n'avait pas de téléphone dans la chambre, j'avais des nouvelles par les Manteaux et à l'hôpital à Fumelle, arrive le 21 juin qui était le jour de son anniversaire, alors j'imagine de prendre le train avec une bouteille de champagne parce que comme vous avez pu voir, elle aime bien champagne donc le train avec une bouteille de champagne, un gâteau, j'arrive à Fumelle dans cet hôpital qui était hospice et dans le parc autour, il y avait plein de petites vieilles comme ça, moi j'avais jamais vu Guita encore et je me suis dit mais c'est pas Guita, c'est pas possible, c'est pas Guita, c'est pas possible, j'arrive dans sa chambre et je vois effectivement comme ça, une espèce d'oiseau avec deux bras comme ça et elle me dit madame vous cherchez quelqu'un, on ne reconnaît plus ses amis alors elle se met à battre des mains, à battre des pieds, à battre de tout et elle dit mes amis sont folles, mes amis sont folles, alors je l'embrasse puis après je viens en bas du lit comme ça, très sagement et je la regarde, elle me dit qu'est-ce qui t'arrive, je dis je suis impressionnée, alors là voilà qu'elle prend avec ses attelles, elle prend un pied, elle commence à se gratter le nez, d'abord elle me dit tu sais que j'ai créé une secte, je dis non, un peu interloqué et puis donc elle prend son pied, elle se gratte le nez et elle me dit la secte de ceux qui peuvent se gratter le nez avec le doigt de pied, elle me dit est-ce que je t'impressionne toujours, bah non, bon à partir de maintenant que plus jamais personne ne t'impressionne, donc quand elle est sortie de là, elle est allée à Tartaraz et j'ai commencé à aller assez régulièrement les voir et cette petite maison là qui a l'air toute petite, moi me paraissait un château parce que tout était tellement à sa place que ça me paraissait, tout étincelé, tout était à sa juste place, vraiment, alors j'ai commencé à les voir régulièrement et puis avec enthousiasme parce que j'étais contente de faire partie de l'équipe des anges et tout, je lui organisais la conférence à la Sorbonne, je lui organisais la conférence à la FNAC, j'étais contente, je lui amenais des journalistes, je lui faisais plein de choses, mais avec ça il y avait aussi, elle avait vu effectivement mon désir qui était intense, mais je pense que j'avais tellement de poids sur les épaules que pour le laisser prendre toute son ampleur, bah ça fut très dur, elle s'est vraiment attelée, parce que moi j'avais, on va pas parler de tous mes problèmes parce qu'il y en avait, mais j'avais un scénario de base qui s'appelle ce qu'elle appelait un sentiment d'infériorité, c'est à dire que je suis bonne à rien, personne ne veut de moi, ce qu'elle appelait la serpillère mouillée, tout ce que vous voulez, et alors elle s'est attelée aussi bien par les téléphones que quand on se voyait, que par des fax, alors voilà, les téléphones c'est jamais pareil, alors on riait beaucoup, parce que, je sais pas pourquoi on riait beaucoup avec Guita, tout était un jeu.