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Le destin des maîtres-verriers au Moyen-Âge fut étroitement lié à celui des alchimistes : « sans le support du verre, ses matériaux et ses vaisseaux, pas d’alchimie ; sans processus alchimique, pas de verre ! » résume l’auteur.

Bruno Tosi cherche à démontrer dans cet ouvrage « que le cristal et la Pierre relèvent du même processus, sont de même nature, possèdent les mêmes propriétés et sont à la fois complémentaires et indissociables ». Il nous rappelle les grands principes de l’alchimie afin de mettre en évidence les parentés avec le travail du verre.

Une bonne partie de l’ouvrage s’intéresse aux couleurs qui culmineront dans l’art du vitrail, notamment le bleu, fugitif dans le processus alchimique mais très présent dans les œuvres des verriers en de multiples nuances.

« Le bleu, nous dit-il, véhicule nombre de notions, dont l’eau, l’inconscient, l’infini, la paix, la sagesse, la spiritualité, la royauté, la vérité.  Le bleu est une des couleurs « froides » censées faciliter la médiation entre le Ciel et la Terre par la voie verticale. L’élévation de la voûte céleste est, selon Goethe, un « lointain attirant » pouvant permettre de mieux appréhender la transcendance. »

L’ouvrage traite des aspects techniques, des propriétés des matériaux, du verre et de ses composants, du matériel : creuset et fours, mais aussi du verre alchimique et des rapports entre le verre et l’alchimie spirituelle.

« Ainsi que les sons changent de nature à l’intérieur des mots, indique l’auteur, le verre est l’objet de transformations et transmutations de nature alchimique, dans sa fabrication comme dans sa coloration lorsqu’il devient cristal ou vitrail. A son tour, il permet alors de réaliser toutes mutations spirituelles et thérapeutiques pour le plus grand bénéfice de l’Adepte. »

Nous avons malheureusement oublié l’importance du verre dans nombre d’opérations et perdu de vue un art qui remonte à l’Egypte antique et continue de susciter des découvertes.

« Aussi étrange que cela puisse paraître, nous dit encore Bruno Tosi, bien que connu depuis la plus haute antiquité, le verre n’a pas fini de nous surprendre. De récents travaux ont démontré qu’il était liquide ! Il s’écoule très lentement et la preuve en a été donnée en examinant le profil des verres constituant les vitraux médiévaux de la cathédrale de Strasbourg : ces verres à l’épaisseur uniforme lorsqu’ils ont été mis en œuvre il y a 800 ans présentent un profil « en goutte d’eau », leur partie supérieure apparaît amincie et leur partie inférieure épaissie ; sujets à l’attraction terrestre, ils ont lentement coulé. »

L’art du verre et l’alchimie ne font qu’accélérer des processus naturels. Etudier et pratiquer ces deux arts si proches, si intimes, c’est approcher la nature même de la Conscience.

L’ouvrage magnifiquement illustré de Bruno Tosi, par sa précision et son enseignement, permet au lecteur de renouer avec les arcanes d’un art trop négligé, porteur de connaissance, de sagesse et de beauté.

Source: La lettre du crocodile 

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