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Tulkou Urgyen Rinpoche (1920-1996) est l’un des maîtres éminents du courant majeur du bouddhisme qu’est le dzogchen. Ce livre rassemble des enseignements délivrés par Tulkou Urgyen Rinpoche à ses plus proches disciples au sujet de trekchöd, une voie directe.

« Dans la pratique, reconnaître notre essence comme la pureté primordiale, c’est la base ; reconnaître notre nature comme la présence spontanée, c’est la voie ; et reconnaître la présence spontanée comme notre expression naturelle, dépourvue de nature propre, c’est le résultat. »

La recherche de l’état naturel ou plutôt sa simple reconnaissance et le maintien en l’état naturel se trouve à la base de trekchöd. Tulkou Urgyen Rinpoche insiste beaucoup sur les subtilités de l’évidence naturelle qui nous échappe. Il rappelle, en citant le Karmapa Rangjung Dordje, que :

Ne pas voir est la vision suprême ;

Ne pas trouver est la découverte suprême.

Chaque enseignement est d’une remarquable précision et toujours orienté vers la libération.

« Lorsque je donne des enseignements sur l’esprit, précise Karmapa Rangjung Dordje, presque tout le monde dit : « Je ne vois rien. » Le fait qu’il n’y a rien à voir prouve que notre nature est vacuité, mais le fait que « nous voyons » qu’il n’y a rien à voir prouve qu’il y a aussi une qualité connaissante. C’est ce qu’on appelle « voir à l’instant même où l’on regarde », directement. Ce n’est pas que nous nous acheminons lentement vers la nature de l’esprit et que nous l’avons raté, parce que nous avons cherché trop haut ou trop bas. Ce n’est pas que nous n’en voyons qu’une moitié tandis que l’autre moitié reste cachée. Elle est vue à l’instant même où l’on regarde. Au moment où l’on voit, elle est libre, libre de pensée. Il n’y a pas de pensée, n’est-ce pas ? Ensuite, vous dites : « Oh, maintenant je vois qu’il n’y a rien à voir », cette pensée apparaît ultérieurement. Elle n’est pas libérée. Le premier instant est suffisant. C’est assez. C’est à l’instant même ! Comme c’est si près, c’est très facile. Nous nous attendons à ce qu’il se passe quelque chose de spécial mais à cet instant, toutes les pensées ont été coupées. C’est de ce moment que l’on parle lorsqu’on dit : « reconnaître sa nature propre ». »

Ce long extrait permet de comprendre comment Karmapa Rangjung Dordje opère tout au long de son enseignement pour ramener inlassablement, presque implacablement, à l’essentiel sans nous permettre d’en faire un objet ou un concept. L’enseignement pourrait apparaître au premier regard théorique alors qu’en réalité il ne cesse d’être pratique, quels que soient les sujets abordés : base, préliminaires, attention, méditation, jeu obervateur/observé, reconnaissance, vue, simplicité, méthodes de libération…

Tantôt par des développements ou des commentaires, tantôt par des jaillissements ou de incisions, Karmapa Rangjung Dordje oriente vers l’inconditionné, l’inconcevable, l’ultime, malgré les limites du langage qui fait toutefois pleinement partie de la pratique. Enfin, le livre s’achève par un « Bref commentaire sur la Sadhana de Simplicité du Gourou Ultime » de Nyoshul Ken Riinpoche, bref et remarquable.

Source: La Lettre du Crocodile

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