Topologies de l’Imaginal

Ce volume rassemble les contributions des intervenants au colloque transdisciplinaire tenu à Epinal en mai 2019 dans le cadre des Imaginales d’Epinal, riche événement culturel que nous ne saurions trop vous conseiller de découvrir.

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Sur les traces d’Henri Corbin et Gilbert Durand, à la croisée des sciences humaines et des traditions, les diverses interventions permettent d’approcher, en théorie et en pratique, ce qui caractérise l’imaginal, le mundus imaginalis, l’entre deux mers de Sohravardi. Au sommaire :

Perspectives théoriques : Jean-Jacques Wunenburger : L’imaginal chez Henri Corbin, d’un concept contextuel à une catégorie universelle – Daniel Proulx : De l’imaginal corbinien vers la question de l’art – Véronique Liard : Le Livre Rouge de C.G. Jung, imagination active et mundus imaginalis.

Imaginal et textes sacrés : Chao Ying Durand : La topologie de l’imaginal dans le Yijing, le Livre des Transformations – Georges Bertin : L'Apocalypse de Jean, topos de l'Imaginal.

Perspectives sociétales : Céline Bryon-Portet : La dimension imaginale du temple maçonnique – Gregory Moigne : Du hiérophante au druidiste – Frédéric Vincent : L’imaginal et l’inconscient aux rencontres d’Eranos : vers une psychanalyse spiritualisée.

Perspectives littéraires : Florence Dravet et Gustavo de Castro : Le Sertão du Brésil : quid de l’Imaginal chez João Guimarães Rosa ? – Lauric Guillaud : De l’imaginal gothique à l’imaginal maçonnique – Rémi Boyer : Du roi caché au Cinquième Empire – Fabienne Leloup : De l’expérience cataphile dans la littérature fantastique : « émergence, résurgence » du monde imaginal ?

Un extrait de l’introduction de Georges Bertin nous permet de saisir l’intérêt de la démarche mise en œuvre dans ces rencontres :

« Cet ouvrage explore diverses traditions et situations sociales et culturelles pour rendre compte de la fascination pour l’Imaginal et son caractère opératoire que nous constatons aujourd’hui. Il s’est donc agi, pour nos auteurs, d’étudier ces ponts suprêmes situés entre un hic et nunc prosaïque et un illud tempus mythique, en fait, un véritable inter-monde, la fonction du mundus imaginalis et des formes imaginales se définissant par leur situation médiane et médiatrice entre le sensible et l’intelligible. Pluridisciplinaire, il revêt donc un grand intérêt dans les situations de tensions sociales et culturelles que nous vivons, il nous invite à renouer des liens avec les sagesses traditionnelles. Il est, résolument, transculturel. »

En insistant sur la dimension opérative de l’Imaginal, Georges Bertin éclaire un point fondamental. Il ne s’agit pas d’une construction intellectuelle et une cascade de concepts ne permet pas de l’approcher. Il est question d’une mise en œuvre au quotidien et d’un art de l’être. Il poursuit :

« Nous nous sommes intéressés à divers lieux transitionnels, là où des hommes et des groupes sociaux ont pu ou peuvent dépasser leurs limites dans le sentiment de reliance au Monde et à l’Autre, lieux intermédiaires que nul ne pourrait répertorier sur aucune carte géographique ni intégrer à aucune frise chronologique. Ce sont autant d'espaces-temps fabuleux, d’espaces initiatiques ; tour à tour domaines de la peur ou des enchantements, de l’initiation philosophique, de la satire politique ou de l’utopie. »

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