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Genèse du Rite Ecossais Ancien et Accepté

C’est à travers les rituels que Philippe Michel observe la genèse et l’évolution du Rite Ecossais Ancien et Accepté. Pierre Noël, dans sa préface, remarque que le remaniement quasi permanent des rituels est une spécialité très franco-française ignorée par exemple en Grande-Bretagne.

Philippe Michel part du rituel type (1804 – 1820), après la création du REAA en 1760 jusqu’aux différentes versions élaborées après le deuxième conflit mondial au sein de la Grande Loge de France. Son objectif est d’identifier le processus évolutif qui aboutit aux rituels pratiqués couramment aujourd’hui dans les loges symboliques.

Pas à pas, il note les modifications ou les nouveautés qui s’inscrivent dans l’histoire des obédiences, de leurs rivalités et aussi dans l’histoire tout court, par exemple la place de la religion au sein de la société.

Certains éléments centraux du rite furent négligés au fil de cette évolution, affaiblissant l’opérativité potentielle des mythes développés en son sein, notamment le mythe d’Hiram. Les rituels sont rédigés par des êtres humains, ils sont donc perfectibles mais les évolutions rituelles, et cela ne concerne pas que le REAA, sont rarement judicieuses du point de vue initiatique. Elles naissent parfois d’une incompréhension de l’intention originelle, ou des circonstances, voire d’aspects pratiques.

Le REAA est avant tout un système de hauts grades, les grades symboliques sont pratiqués surtout en France. La question, annexe mais d’importance, posée par l’observation de ces processus évolutifs dans les grades symboliques est celle des relations entre les obédiences et les suprêmes conseils, relations toujours complexes et souvent conflictuelles. Cependant, malgré les évolutions, le « caractère » du rite semble avoir été préservé, particulièrement son universalité comme le signale dans sa postface Laurant Jaunaux :

« Cet ouvrage met en avant l’aspect universel de ce rite et de ses grades symboliques en montrant qu’ils ne sont pas figés mais qu’ils évoluent avec le rite dans le temps. Les grades symboliques du rite sont indiciblement liés aux hauts grades, maintenant ainsi l’harmonie et la progression initiatique du premier au dernier degré. »