L'Alchimie (audio)
Si l'alchimie est pour certains l'étude de la matière et de ses transformations, elle est pour d'autres une discipline philosophique, mystique et spirituelle. Transmutation des métaux ou réalisation de la pierre philosophale ?
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Réponse dans cet exposé de Roger Delmas qui, outre la transformation du plomb en or, se penche sur l'importance du travail symbolique.
Extrait de la vidéo
Je pense qu'il faut sans cesse le dire et le redire, sans se lasser, et c'est vrai pour la chimie et pour tout un ensemble de sciences publiques et sociales, et donc je débuterai ce bref aperçu que je vais donner sur ce que j'ai perçu moi-même d'une grande oeuvre par cette phrase, au fond, il n'y a pas d'herbétisme, et ça va de soi à la chimie, sans compte, mythe, art, philosophie et bien sûr travail.
Première chose, on m'attend au fond ? Le jardin où fleurit cette rose est constellé d'étoiles et de légendes, et c'est en écoutant les narrations poétiques de ces philosophes jardiniers que se révèle le sens de cette étrange ontogénèse, la pierre philosophale.
Alors, mythe ou réalité pragmatique et tangible, être spirituel dans un monde d'idées pures ou objets perceptibles tombant sous l'essence, matière ou esprit, des mots dans la tête ou bien un vécu moral, éthique et in labore au fourneau, c'est le grand dilemme qui se pose toujours.
Nous allons voir que dans cette voie, tout est double, et rien ne peut se traiter sans tenir compte à la fois du oui et du non, de ce qui est en bas et de ce qui est en haut, de ce qui est visible et de ce qui est invisible, de ce qui est pensé et de ce qui est fait.
La grosse difficulté de cette voie, c'est un double horizon, sans cesse.
Mais si cette science sacerdotale, j'insiste sur ce point, au sein du hermétisme, on s'en doutait, n'a pas que pour but, bien sûr, de transmuter le plomb vulgaire à l'or des lignes, de voler le feu du ciel ou de s'assurer une somptueuse retraite à l'aide d'une secrète science.
C'est un peu ce que j'ai dit dans les fichiers verts, je crois, que j'ai dit dernièrement, l'alchimie, art fallacieux de transformer le plomb à l'or.
C'est évident, on n'est pas sortis de l'empérage.
Alors, pourtant, faisons très attention, il y a aussi des métaux, des sels, de l'or, du feu, des charbons et de la chimie, bien que les modernes, avertis, aient conservé le Y à la place du premier I de chimie.
C'est une chimie, ils ont distingué, ils ont mis un Y.
Alors, quel est-il de ce double horizon ?
Et où est, bien sûr, la porte d'entrée de cette citadelle ?
En faisant bouillir des métaux, à genoux, dans de pieuses méditations, dans des absorptions plus ou moins urinales ou spermatiques, comme j'ai eu l'occasion d'en discuter, avec certains alchimistes qui confondent le tantrisme et l'alchimie.
Alors, tout dans cette voie et métaphore, on devrait écrire une histoire, une métaphore, pour pouvoir pénétrer dans l'alchimie.
Et dans l'alchimie.
Par-dessus tout, cette épopée, c'est génial ça, suggère, jaillit au sein de l'être, comme un torrent.
Elle va l'entraîner, au fil des textes et des travaux, dans d'étranges circonvolutions qui mettent à nu tous les faux semblants sur l'ici et l'ailleurs, l'avant et l'après, ce que nous nommons la vie et ce que nous nommons la mort.
Et de même, bien sûr, c'est là toute la difficulté, l'ensemble des textes peut être sujet à des réinterprétations magiques ou égotiques, à l'infini.
Et c'est là un des cordons, on pourrait dire, de sale terre qui la protège.
L'alchimie, c'est l'alchimie.
Il y a d'autres sciences, c'est pas le même.
Alors, pour une grande part, elle ne peut se saisir qu'au sein du rêve.
D'où la fabuleuse iconographie qui l'accompagne.
Il y a une iconographie alchimique absolument extraordinaire qui n'est pas là pour rien.
Donc au sein du rêve et de la sensibilité, de l'art, et comme je l'ai dit précédemment, c'est un grand art.
L'art, maintenant.
Elle incite de même, et c'est là des dangers, à une folle conscience des lois qui régissent l'équilibre social, les sciences et les gains.
Ce qui fait que beaucoup d'alchimistes ont mal fini à toutes les époques.
Comme toutes les voies initiatiques et véritables, précisons-le au passage, soudées dehors aimables et fleuries, elle est faite pour rendre fous les gens pressés, les avides et les scientifiques de tous bords.
Elle est de même mortelle pour l'orgueil.
Bien que conçue pour les rebelles, les audacieux et les grands voyageurs.
En fait, l'alchimie est imprésemblable.
Il faut l'aborder de cette façon.
Elle n'a-t-elle pas pour prétention de redouer ici, tout de suite, ce nœud immémorial brisé où l'immortalité et l'éternité font alliance avec le duvet des mots et des travaux dignes d'un jeu de jeu d'enfant ?
Elle prône que, d'ailleurs, que seule l'enfance est authentiquement humaine.
Comme ne le désigne le sens de l'enfance.
Que seule l'enfance est authentiquement humaine.
Comme ne le désigne le sens d'ambiguïté.
Certaines iconographies qu'on peut consulter dans le livre de Parthusin dans lequel on voit, ce sont toujours des enfants sortis d'un creuset ou d'un vase qui portent la pierre.
Chacun de ces symboles qui prônent l'alchimie a un sens.
Et pour entrer dans cette voie, il faut percevoir le monde comme un envol de papillons vers l'infini, l'indéfini.
Et les textes, non plus comme des formules chimiques, mais en grande partie comme des litanies où voltigent les raisons catégoriques.