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Vouloir et oser de Yves Morant

Ce livre est la réédition remaniée et augmentée de l’ouvrage de l’auteur publié en 2005 sous le titre « à la recherche du secret maçonnique ». L’intention demeure bien sûr de rendre à la Franc-maçonnerie sa dimension proprement initiatique par le dialogue dynamique entre les symboles et les composants traditionnels.

Ainsi, Yves Morant défend l’intériorisation du mythe de la construction du temple tout en regrettant l’absence des pratiques qui permettraient cette réédification interne.

Prenant acte de la crise de la Franc-maçonnerie, de son incapacité en fait à l’initiation, relative ou totale selon les situations, il explore diverses dimensions potentiellement présentes dans la Franc-maçonnerie mais survolées ou ignorées comme l’alchimie par exemple souvent présente dans les référents symboliques ou les fonctions réelles des haut-grades ou encore la question complexe d’un Saint Empire.

Le regard d’Yves Morant sur l’initiation maçonnique est riche de son parcours personnel entre Orient et Occident et lui permet d’introduire quelques pistes pour un avenir constructif de la Franc-maçonnerie. Il évoque un retour intelligent à René Guénon dont les travaux n’ont pas été exploité pleinement et qui pourrait servir à un revivifier une Franc-maçonnerie quelque peu dans la torpeur mondaine. Il évoque aussi une chevalerie repensée et, dans ses derniers mots, le féminin de Dieu, la figure de la Déesse, si nécessaire, si absente, faute d’espace libre pour sa manifestation.

Pour cela, un autre rapport au temps est indispensable, or trop souvent le temps profane dévore le temps maçonnique.

« Faire de nouveaux progrès en Franc-maçonnerie » rappelle justement Yves Morant, ne consiste pas, comme dans un cursus universitaire, à commencer au degré d’apprenti, pour terminer Souverain grand inspecteur général (dernier degré du Rite écossais ancien et accepté), comme on entre un jour en sixième pour éventuellement terminer docteur ou agrégé. La progression dont il s’agit ici se situe sur un tout autre plan : celui de la connaissance par identification. La progression se traduit par une imprégnation progressive du contenu strictement initiatique des degrés qui accompagne le passage du stade d’un savoir à une connaissance. Dans cette perspective, qui valorise l’expérience comme seul critère d’appréciation d’une progression, la logique formelle qui voudrait que ce qui suit soit un complément de compréhension ou une amélioration par rapport à ce qui précède, n’a pas sa place ; ou à tout le moins, si elle existe, elle n’occupe pas la place essentielle, comme dans une démarche scientifique où la logique rationnelle est dominante.

Il en va de même que dans la quête alchimique, où la présentation séquentielle traditionnelle en trois étapes (œuvre au noir, œuvre au blanc, œuvre au rouge) doit être interprétée beaucoup plus comme un élargissement de sa participation à Un-le-Tout que comme une progression de type scalaire ou arithmétique ; cela pour la simple et bonne raison qu’en ce domaine, les notions de temps et d’espace ne recouvrent pas les mêmes significations que dans les conditions usuelles de perception rencontrées dans la vie ordinaire. »

Ce livre, par une matière riche et variée, intéressera celui qui veut réellement cheminer sur les routes ascendantes.