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Neuropsychologie et art

Théories et applications cliniques sous la direction de Hervé Platel et Catherine Thomas-Antérion.

Cet ouvrage collectif rassemble les contributions de nombreux spécialistes qui furent rassemblés lors d’un forum de la Société de Neuropsychologie de Langue Française. Il fait le point sur les recherches neuroscientifiques des dernières années qui ont produit des résultats de première importance et ouvrent un champ large d’investigations futures.

« Les auteurs de ces travaux, nous disent Hervé Platel et Catherine Thomas-Antérion, s’ils s’intéressent aux mécanismes cérébraux sous-tendant la création, l’apprentissage et la dégustation artistique, ne réfutent en rien la conjonction d’inné et d’acquis. La littérature cognitive tente d’élucider les bases neuronales et suggère que la créativité artistique serait la résultante neurobiologique d’une explosion combinatoire. Le cerveau impose des règles qui, en limitant le nombre de possibilités, définissent un style. La créativité artistique mobilise à la fois des processus neuronaux conscients et non conscients. L’artiste acquiert son style par la répétition. Certains individus auraient davantage de « prédisposition génétique » à être des créateurs ou des récepteurs. Cependant, l’éducation, l’immersion précoce dans un milieu artistique, l’expérience personnelle pu l’acharnement au travail font évidemment toute la différence. Le raisonnement purement mécaniste s’effondre donc au profit de l’expérience humaine singulière. « Un des traits communs aux doctrines évolutionnistes est de donner libre cours à la viabilité, à l’aléatoire, ce qui, en termes neuropsychologiques, veut dire imagination, créativité, innovation », écrit ainsi Jean-Pierre Changeux.

D’autre part, et parallèlement, le recours à l’art et aux supports artistiques comme thérapie peut-être revisité à la lumière de ces travaux. Il s’agit de pratiques le plus souvent empiriques ou nées d’observations expérimentales, pour certaines très anciennes. Si elles sont exercées par des thérapeutes expérimentés, elles se distinguent d’activités artistiques occupationnelles ou récréationnelles et peuvent, par leur charge motivationnelle et leur potentiel de stimulation cognitive, accompagner le soin des malades… »

L’ouvrage rassemble plus sieurs types de contribution. Certaines abordent « les données scientifiques concernant les liens entre les pratiques artistiques et différents processus cognitifs comme l’attention, la mémoire, ou les émotions ». D’autres contributions traitent des « liens entre perception et création artistique ». Une part importante du livre s’intéresse à « la musique comme l’art le mieux connu au niveau de l’organisation neuronale ». Mais la place d’autres pratiques artistiques comme le dessin, la peinture, le théâtre, dans les projets de soin et d’accompagnement sont aussi abordés. La question de l’éthique et de la créativité en relation avec l’identité des patients dans le soin est également posée.

Le lecteur découvrira ainsi de nombreuses facettes de la recherche comme l’action des neurones miroirs dans l’apprentissage du tango, l’apport de la musique dans le traitement ou la compréhension de la maladie d’Alzheimer, l’étude du traitement musical dans l’autisme… mais aussi comment le « connaisseur » distingue le chef d’œuvre des autres tableaux plus ordinaires.