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La rhétorique était un art majeur de l'enseignement comme de la culture. Inventée par l'Antiquité pour résoudre l'énigme de la persuasion, la rhétorique est davantage qu'un ensemble de techniques plus ou moins sophistiquées. La rhétorique est aussi interrogation sur la parole et sur le réel. Les sophistes notamment ont conduit une réflexion profonde sur la parole et sur sa capacité à appréhender le réel. Si aujourd'hui la rhétorique, comme d'ailleurs le sophiste, est souvent associée dans l'esprit des gens avec l'idée de manipulation, elle fut initialement, et probablement demeure sous ses formes modernes, associée à la liberté d'expression et à la liberté tout court.
Si la rhétorique emprunte des formes multiples dans l'histoire, Laurent Pernot lui dessine toutefois une identité :
"Les composantes de cette identité, ou en d'autres termes les éléments essentiels d'une définition de la rhétorique antique, peuvent se résumer ainsi : des normes de pensée et d'écriture, une participation aux formes de la vie politique et sociale, un système intellectuel, une problématique morale et philosophique, la référence à des modèles et une représentation par elle-même de sa propre histoire."
L'intérêt de la rhétorique antique aujourd'hui est certain. De multiples chercheurs et auteurs ont utilisé la rhétorique pour analyser la création littéraire ou par exemple conduire une réflexion sur la justice. Comme le remarque l'auteur, les sciences de la communication ont intérêt à chercher appui dans la rhétorique antique, ne serait-ce que pour retrouver cette éthique qui était au centre des préoccupations de la rhétorique antique.