mystique ismaéliennemystique ismaélienne

Ce terme un peu flou, qui a donné d’ailleurs son titre à une collection dirigée par Christian Jambet (Ed. Verdier), semble couvrir un large ensemble de courants spirituels ou mystiques. Nous relevons ainsi dans cette appellation (et collection) des écrits relevant du soufisme, de l’alchimie, de la philosophie mystique (par exemple les récits visionnaires d’Avicenne ou de Sohrawardi) à côté d’auteur chiites duodécimains et ismaéliens. Par conséquent tout ce qui est étranger à l’islam "horizontal" - littéraliste, juridique et politique - semble entrer dans cet "islam spirituel".

La doctrine ismaélienne serait-elle spirituelle à cause de son orientation mystique ? Peut-on parler d’ailleurs de mystique ismaélienne ?

C’est à cette question, complexe, que Daniel de Smet va s’atteler.

Si le petit Larousse définit le mot "mysticisme" comme "une attitude religieuse ou philosophique qui affirme la possibilité d’une union parfaite avec Dieu ou l’Absolu dans la contemplation ou l’extase; doctrine qui admet la réalité de cette union….." : la doctrine ismaélienne accepte-t-elle donc la possibilité de cette union ?

L’ismaélisme, loin de constituer une doctrine unitaire, a connu des développements considérables au cours de sa longue et mouvementée histoire. Ces développements ont d’ailleurs été influencés par la pensée néoplatonicienne et aristotélicienne….

Constate-t-on une authentique mystique dans l’ismaélisme ? Ou bien ne serait-ce en fait qu’une dissimulation, un voile de discrétion du soufisme, notamment dans sa période nizârite ?
Eléments de réponses dans cet exposé de 49 minutes enregistré lors des dernières Journées Henry Corbin (8ème) à L’Ecole Normale Supérieure de Paris.