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Jean Verdun nous propose un voyage initiatique autour des loges bleues, les ateliers de base de la Franc-Maçonnerie, essentiels, complets en eux-mêmes mais malheureusement mis en œuvre souvent de manière réductrice.

Jean Verdun commence d’ailleurs son travail par la "Grandeur du bleu" pour répéter, à raison, la maxime fameuse "Le grade de maître se suffit à lui-même" :
"Nul n’est infirme avec le seul degré de Maître. Tout y est contenu. Il n’y a pas de dépassement à regretter. Irions-nous reprocher à un maçon des loges bleues de n’aller jamais suivre un cours au Collège de France ou de n’avoir pas lu tel grand classique de la littérature ? De même, il y a beaucoup de petitesse à se glorifier d’être 33e. Les meilleurs ne le font jamais.
Déjà, il y a trente ans, quand je publiais La Réalité maçonnique, j’écrivais "J’ai même rencontré des 33es ignares." Ignares aussi sont certains maîtres et dirigeants d’obédience.
Je dédie cette Rhapsodie bleue aux maîtresses et maîtres maçons qui, comme moi, ne se sont jamais lassés de la loge bleue."
L’affaire n’est pas anecdotique. Les trois grades bleus ne sont pas des grades par lesquels on passe simplement pour atteindre des hauts-grades dont beaucoup se révèlent stériles. C’est de l’opérativité même de la Franc-maçonnerie en tant qu’école initiatique dont il est question.
Jean Verdun est, une fois encore, lucide, pertinent et impertinent. Il dénonce les dérives, mascarades et dysfonctionnements de l’institution qui n’assume plus la fonction initiatique. Trop de Francs-maçons se sentent en "difficulté d’être" dans leur loge et leur obédience. A travers des dialogues avec divers interlocuteurs, des confidences qui prennent le lecteur à témoin, à travers des analyses serrées ou des emportements salutaires, Jean Verdun conduit le lecteur vers une Franc-maçonnerie "de base" intensément vivante, nourrie de symbolisme et de pensée libre. Il invite chaque femme, chaque homme, membre de l’Ordre maçonnique, à penser par elle-même ou par lui-même, à ne pas laisser substituer à la pensée une opinion conditionnée par la médiocrité. Il défend l’identité maçonnique et la singularité initiatique qui la caréctérise.
Terroir maçonnique, fonction sociale du symbolisme, surréalisme et Franc-maçonnerie, théâtralisation des rituels sont quelques-uns des thèmes abordés. Tout au long de l'ouvrage, les appuis historiques viennent consolider le propos. Enfin, le talent d’auteur de Jean Verdun apparaît notamment dans un délicieux "éloge de la bâtardise" qui nous rappelle, finalement, que toute initiation est libertaire.


Editions Dervy
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