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Walter Grosse, à qui nous devons déjà la thèse la plus pertinente quant à l’identité de l’alchimiste Fulcanelli, s’est attelé au plus grand défi qui soit en matière de décryptage. Le manuscrit Voynich, du nom d’un collectionneur qui en fit l’acquisition en 1912, résiste en effet aux meilleurs spécialistes du décryptage.

Walter Grosse, à qui nous devons déjà la thèse la plus pertinente quant à l’identité de l’alchimiste Fulcanelli, s’est attelé au plus grand défi qui soit en matière de décryptage. Le manuscrit Voynich, du nom d’un collectionneur qui en fit l’acquisition en 1912, résiste en effet aux meilleurs spécialistes du décryptage.

Daté depuis quelques années seulement, il aurait été écrit entre 1404 et 1436, son origine géographique mieux cerné également, le nord de l’Italie, il devenait plus aisé de déchiffrer le célèbre et superbe manuscrit. Par une recherche minutieuse, Walter grosse met en évidence que le texte a été crypté d’une manière très originale à partir du latin.
Le manuscrit ressemble de prime abord à un traité scientifique sur la vie des plantes. Cependant les expériences et les investigations de l’auteur dépassent le seul cadre scientifique de l’époque, ce qui explique la nécessité du cryptage :
« Le manuscrit aurait été écrit comme si les plantes étaient, elles-mêmes, les auteurs racontant leur histoire, leur fonctionnement, etc., ce qui est en fait une prosopopée. Ainsi le voynichien ne serait rien d’autre qu’une langue des plantes inspirées par le langage pré-Babel. »
En effet, Walter Grosse note :
« La confusion des langues de l’épisode biblique de la tour de Babel aurait été le point de départ de l’idée de l’auteur des caractères holoconsonantiques, puisque les consonnes isolées, n’ayant pas de voyelles afin d’être lues, comme les mots des langues Berbères (…) deviennent toutes égales, ce qui donne lieu à la méthode voynichienne de plusieurs sens pour un même mot, à partir du moment où ils possèdent les mêmes voyelles dans les mêmes positions. De ce point de vue, la confusion des langues aurait donc surgi à partir du moment où les consonnes du langage pré-Babel ont commencé à devoir être lues avec des voyelles… »
Ce point permet de comprendre la sophistication et l’enjeu du cryptage. Walter Grosse met en évidence nombre d’autres procédés complexes d’une grande pertinence. Il pose les bases de la grammaire voynichienne.
Ce traité médiéval « explique comment l’astrologie influence les mouvements de la sève des plantes en fonction de sa correspondance planétaire ». Evidemment, la tentation est grande de penser à quelques références d’alchimie interne ou à des composants rituels. Cela ne semble toutefois pas être le cas au vu de ce qui est à ce jour identifié. Les différentes « sections », arbitrairement déterminées par certains chercheurs, semblent traiter de botanique, d’astronomie et astrologie, de biologie et balnéothérapie, de cosmologie, de thérapie par les plantes, de recettes. Tout ceci est incertain même si l’ensemble laisse entrevoir un traité de médecine par les plantes. En fait, Walter Grosse suggère que chaque page est « une aventure passionnante à la redécouverte du monde imaginaire de Voynich ».
Le manuscrit est loin d’avoir révélé tous ses secrets. Le mode de cryptage, et l’usage fait par l’auteur de ce « code des codes » nous permet d’attendre de passionnantes et surprenantes découvertes futures. Le travail tout à fait remarquable de Walter Grosse ouvre le code et permet un grand pas en avant mais ce n’est, nous dit-il, que « la pointe de l’iceberg ». Son ouvrage débute d’ailleurs par cette citation prometteuse de son compatriote Fernando Pessoa : « Dieu veut, l’homme rêve, l’œuvre naît. »
L’aventure continue.


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