Les oiseaux du lac Stymphale : quand l’archétype traverse le piaillement des représentations 5/12
« Peu importe où la conscience se loge, l’important c’est de la faire circuler » nous-dit Luc Bigé. Une introduction qui campe ce cinquième travail explicitement sous le signe du Sagittaire : ces derniers ne sont-ils pas aussi doués avec leur arc qu’avec leur intellect ? Pour la seconde fois, Hercule est confronté à de redoutables prédateurs. Si, auparavant, il dût faire face au Lion de Némée, ici il va être confronté aux terribles Oiseaux qui ont envahi le lac Stymphale. (Nota bene : dans le huitième travail, les animaux prédateurs seront les Juments anthropophages de Diomède….)
abonnez-vous pour un accès à tout le catalogue !
Trois types d’animaux, dangereux pour l’homme : est-ce un hasard si ces trois travaux se trouvent reliés aux trois Signes de Feu (Lion, Sagittaire et Bélier) ? Non, car Arès demeure en embuscade !


Pour faire disparaitre oiseaux et piaillements, Hercule sait qu’il ne peut pas compter sur ses flèches qui sont en nombre insuffisant : il va devoir prendre de la hauteur.
Ces oiseaux symbolisent la cacophonie de nos représentations et obstruent la lumière du Soleil , à l'image de la cinglante remarque que Diogène, cynique, adressa à l’empereur Alexandre qui venait le visiter : « ôte-toi de mon soleil ».
Luc Bigé fustige ici tous ces « -ismes » qui paraissent nous conforter, mais qui enferment notre pensée et « cherchent à exclure tout système étranger qui remettrait en cause nos certitudes ».
Entre les croyances limitantes, voire fausses, et le besoin naturel de représenter la souffrance, de trouver des systèmes d’explications : quel rapport au monde pouvons-nous entretenir ?
Comment faire taire le piallement continu de ces oiseaux, qui altère notre discernement au point de confondre mental et conscience, et , de plus, freine notre transformation intérieure ?
Eléments de réponse de Luc Bigé : quand la cacophonie cesse, alors l’archétype apparait et peut nous illuminer..
----------------------
* Liste des quinze exposés : trois introductions suivies des douze Travaux
Hercule et les douze pétales du cœur - intro 1
Hercule et la puissance de la Lune - intro 2
Hercule, la vérité qui guérit – intro 3
Le lion de Némée, se regarder en face, sans tricher - 1/12
L’Hydre de Lerne, sortir de l’émotionnel pour entrer dans la Lumière - 2/12
La capture du sanglier d’Erymanthe 3/12
La biche de Cérynie, quand Apollon et Artémis fraternisent- 4/12
Les oiseaux du lac Stymphale : quand l’archétype traverse le piaillement des représentations 5/12
Nettoyer les écuries d’Augias, un mythe contemporain 6/12
Hercule et le Taureau de Crète : sur la légitimité d’une possession et le ravissement de la beauté - 7 /12
Les Juments de Diomède, ou l’art de canaliser les puissances de la Vie - 8/12
La ceinture de la reine des Amazones, s’ouvrir à l’inconnaissable - 9/12
Les vaches de Géryon : Se laisser féconder par le monde des mystères : les vaches pourpres de Géryon - 10 /12
Cueillir les Pommes d’Or du Jardin des Hespérides : entrer en contact avec les étoiles - 11/12
La capture du Cerbère, naissance du Nouvel Homme - 12/12
Extrait de la vidéo
Donc le travail suivant, toujours dans l'ordre chronologique, ce sont les oiseaux de Stinfa. Hercule va devoir détruire, la destruction des oiseaux de Stinfa. Donc on va repartir sur une action un peu plus virile que la biche. Donc le resté demande à Hercule d'aller chasser les oiseaux qui ont élu domicile près du lac Stinfa et qui se sont réfugiés dans la forêt qui est juste derrière.
Hercule arrive près du lac Stinfa qui est en fait un marais qui est trop dense pour qu'un bateau puisse y naviguer et pas assez dense pour qu'un marcheur puisse le traverser. Il y a trop d'oiseaux pour qu'Hercule puisse les tuer avec ces quelques flèches qui lui restent dans son carcou. Alors il est bien embêté. Sur une inspiration d'Athéna, en réalité c'est plus qu'une inspiration puisque la déesse va lui remettre des castagnettes.
Et elle va lui dire, monte au sommet du mont Silène qui est tout près. Hercule prend les castagnettes, monte au sommet du mont Silène, et tac, tac, tac, tac, commence à jouer des castagnettes. Les oiseaux effrayés par le bruit s'envolent à tir d'ailes, se délogent de leurs repères dans les arbres et Hercule en profite pour en envoyer quelques-uns dans l'autre monde à l'aide de ses flèches. Il y a tellement d'oiseaux que le ciel s'obscurcit et Hercule bien sûr ne peut pas tous les tuer.
Quelques-uns s'échappent, s'en vont et retournent élire domicile sur l'île d'Arès car ils sont consacrés aux dieux de la guerre. Les oiseaux sont consacrés à Arès. Voilà l'histoire. Alors pour comprendre le sens de ce travail, il faut essayer de comprendre le sens de ces oiseaux.
Ces oiseaux sont très spéciaux, puisqu'ils ont des plumes de bronze, des cerfs de bronze et des becs de bronze. Ils ressemblent, nous dit-on, à des ibis ou à des grues, en tout cas à de grands échassiers. Et on nous dit également que les grues, ces oiseaux, transpercent le cœur des voyageurs lorsqu'ils traversent le désert. On nous dit aussi que les fientes de ces animaux sont empoisonnées et empêchent toute végétation de pousser.
On nous dit encore que les oiseaux de Stymphale se sont échappés du ravin des loups à cause de la peur du loup. Ce sont des oiseaux qui, en réalité, détruisent les visiteurs qui se promènent le long du lac Stymphale, soit en perçant leur cœur de leur bec acéré, soit en envoyant une plume de bronze qui, en réalité, leur coupe la tête en atterrissant vers le centre. Donc ces oiseaux sont redoutables. C'est le deuxième animal destructeur de chair humaine que l'on rencontre, puisqu'on avait le lion qui mangeait de la chair humaine et à présent vous avez ce deuxième monstre que sont les oiseaux de Stymphale qui détruisent l'être humain.
Il y en aura un troisième, on verra, ce sera les cavales de Diomètre. Pour vous donner déjà un élément, chaque animal qui détruit la chair humaine est relié à un signe de feu. Donc le lion de Némée, c'est le signe du lion et ici on va être en correspondance avec le sagittaire. C'est quoi le travail d'Hercule ?
C'est quoi un oiseau ? Un oiseau, c'est une forme biologique qui se meut dans l'air. L'air, c'est le plan mental. Donc un oiseau, c'est littéralement une forme pensée.
C'est-à-dire un système de pensée, un système de croyance, un système de représentation qui nous permet de comprendre le monde. Mais vous voyez l'histoire, les oiseaux viennent du ravin des loups, ils se sont arrêtés près du lac Stymphale. Ils vont s'envoler dans les airs grâce à l'intervention d'Hercule. Et enfin le soleil va apparaître lorsque la nuée des oiseaux envolés aura disparu.
Donc on a la suite des quatre éléments. Le ravin des loups, c'est la profondeur de la terre. Le lieu où les oiseaux font leur méfait, le lac Stymphale, c'est l'eau. Là où ils nichent et où ils vont s'envoler, c'est l'arbre et les ailes, donc c'est l'air.
Et enfin, à la fin de l'histoire, le soleil va enfin apparaître. Le feu. Donc tout se passe comme si ces oiseaux-là n'avaient pas fini d'accomplir leur processus d'évolution. Ils sont restés scotchés dans l'air, dans les arbres.
Donc ce sont des formes-pensées inachevées, qui n'ont pas terminé leur processus d'évolution. Alors pourquoi ? Staphalos, alors d'où ils viennent ces oiseaux ? Ils viennent d'un personnage qui s'appelle Hornis, qui veut dire oiseau, qui s'est marié avec un autre personnage qui s'appelle Staphalos,