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C’est une thèse aussi originale que passionnante que nous livre Robert Bowie Johnson. Selon lui, le Livre de la Genèse et les sculptures du Parthénon racontent une même histoire de deux points de vue différents.

Les deux récits déroulent une même structure : chaos – obscurité – paradis – mort – déluge. Il y aurait de plus identité entre la célèbre déesse Athéna et l’Eve du mythe fondateur chrétien, mais aussi entre d’autres personnages.
Toutefois, si le Livre de la Genèse véhicule une histoire qui condamne la femme à travers le serpent, le Parthénon rétablit la femme dans sa fonction sacerdotale et le serpent dans sa fonction initiatique :
« Nous avons vu qu’Héra et Athéna sont deux images de l’Eve au serpent : Héra, l’Eve primitive, épouse et sœur de Zeus, déesse des naissances et du mariage ; Athéna, Eve plus sophistiquée, déesse de la sagesse du serpent, capable de fonder les premiers rudiments de la culture de l’humanité, capable aussi d’en diriger la conscience collective. C’est Héphaïstos, le Caïn déifié, qui permet à ces deux déesses, chacune en son temps, d’asseoir leur autorité. Son rôle dans la religion grecque est plus qu’important, il est essentiel. Son retour vers l’Olympe et son rôle dans la naissance d’Athéna le prouvent sans ambiguïté : Héra, liée à son trône d’or, ne règnera que si Héphaïstos revient dans l’Olympe la libérer, et Athéna, la nouvelle Eve au serpent postdiluvienne, n’émergera de l’esprit de Zeus pour régner sur l’âge grec que si Héphaïstos la délivre d’un coup de hache. »
Héraclès, dont nous connaissons tous l’importance considérable dans l’hermétisme, se heurte à l’hostilité d’Héra mais bénéficie du soutien sans faille d’Athéna. Robert Bowie Johnson suggère que les douze travaux d’Héraclès, qui représentent le chemin du Grand Œuvre alchimique, correspondent aux étapes d’un transfert de pouvoir d’Héra à Athéna, de l’Eve primitive, déesse du mariage et des enfantements à l’Eve nouvelle qui initie à la sagesse du serpent, la Sophiale.
Robert Bowie Johnson identifie, toujours en observant les sculptures du Parthénon, Hermès à Kouch, fils de Cham et petit-fils de Noé. Fils de Zeus, le serpent transfiguré, et de Maia, Hermès, interprète et messager des dieux, maître des langues, dieu psychopompe, initie aux arcanes serpentins.
Zeus, Athéna, Héra et Héphaïstos sont les principaux protagonistes de la révélation du Parthénon. « Les figures centrales représentent la renaissance du système après le Déluge, et l’événement central est la renaissance de l’Eve au serpent, pivot de la religion de Zeus », Zeus dont le nom, rappelle l’auteur, signifie « Le moment de l’illumination ».
Au fil des pages de ce livre, le lecteur est frappé par les interprétations qu’il permet. « La mythologie grecque, conclut l’auteur, est de l’histoire. Elle raconte essentiellement la même histoire que le livre de la Genèse, mais en partant de l’idée que le serpent est l’Illuminateur plutôt que le dupeur de l’humanité. » On voit tout l’intérêt de cette approche pour l’hermétiste, l’étudiant en alchimie, métallique ou interne, désireux de décoder les mythes grecs. Si nous nous souvenons que la vie de chacun des dieux grecs correspond à une voie sacerdotale, et bien que l’auteur n’aborde pas directement le sujet du Parthénon sous cet angle, nous aurons beaucoup à découvrir dans ce parallèle étonnant entre le Livre de la Genèse et le « Livre du Parthénon ».