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Claude Darche est une membre éminente de la Grande loge Féminine de Memphis-Misraïm, connue pour la qualité de ses travaux.
Ce vade-mecum destiné à l’Apprenti mais qui concerne tout autant les Compagnons et les Maîtres soucieux de parfaire leur instruction porte le double sceau de la maîtrise et de la féminité.

Il existe encore trop peu de livres écrits par des francs-maçonnes pour témoigner de leur expérience maçonnique et de leur interpétation de celle-ci, nécessairement différente de celle des hommes. De quoi enrichir et renouveler la pensée maçonnique.
Il est souvent édifiant de jeter un coup d’œil à la bibliographie d’un ouvrage. Il est hélas rare en effet de trouver dans la bibliographie d’un ouvrage maçonnique, au côté des attendus Ambelain, Bayard ou Bédarride, les noms de Bachelard, Bergson, Deshimaru, Dürckheim, Einstein, Eliade, Jung, Krishnamurti, Montaigne, Aurobindo ou encore Watzlawick… de quoi inciter à une lecture attentive.
Le cadre de l’ouvrage est on ne peut plus traditionnel : Cabinet de réflexion -Eau, Air Feu – Serment et lumière – Règles maçonniques – Les symboles du Temple – La Loge, les officiers, les décors – Le rite, le sacré, l’égrégore – la fraternité, la solidarité et l’amour. Tout ceci est très pédagogique. Claude Darche nous offre une instruction solide présentée avec la clarté voulue, choisissant ses exemples et illustrations dans plusieurs rites.
Claude Darche sème également ici et là les indices qui peuvent transformer la demande du postulant à la Franc-maçonnerie en une véritable démarche initiatique :
« Au milieu du temple, se tient le pavé mosaïque comprenant une alternance de cases noires et blanches dont le nombre est identique. Alternance de la vie et de la mort, alternance du Masculin et du Féminin, alternance, mais aussi dualité, altérité. Nous voilà dans le binaire qui nous plonge dans le monde matériel : pour que le monde existe il faut être deux, car si nous ne sommes pas deux, nous ne pourrons pas savoir qui nous sommes. C’est la découverte de l’altérité, car c’est l’autre qui nous fait. Ainsi comment connaître le beau si je ne connais pas le laid et inversement, comment connaître le mal si je ne connais pas le bien. L’unité est absolu, l’un est le signe du Créateur, du Grand Architecte ou comme le disent certains rituels, du dieu qui géométrise.
Ainsi l’être humain vit dans un monde matériel et binaire. Pour en sortir et s’élever, pour grandir vers l’universel et ne plus être enfermé dans un ego étroit, il passera à l’impair et plus spécifiquement pour lui, au ternaire qui le ramènera à l’unité, au 1, au créateur. (…) il explore le monde de l’impair qui est un monde de résolution, un monde passerelle vers le sacré et le divin, vers la transcendance que l’initiation est à même de lui donner…»