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C’est une oeuvre difficile, qui ne se laisse pas aisément conquérir, d’une rare profondeur, saisissante même si la mort emporta Olivier Greif avant son plein achèvement.

Cette composition, fruit d’une commande d’Eduard Brunner, conduit Olivier Greif à une longue période de recherche dans la littérature féminine. Il sélectionna notamment des textes de Juliana Berners (1388 - ?), de Lady Sarashina (1008-1060), d’Emily Dickinson (1830-1886), de Rabi’a la Mystique ( ? – 801), d’Anna Akhmatova (1889 – 1966), de Virginia Woolf (1882-1941). Le poète Paul Celan, dont l’œuvre bouleversa Olivier Greif, fut le seul homme dont il retînt des textes.
Ces extraits, déjà portés par l’esprit, deviennent des joyaux étincelants dans la trame musicale d’Olivier Greif.
Voici comment Olivier présentait ce travail :
« Le mot « office » est à prendre au sens liturgique. Il indique mon souhait de créer ici une oeuvre de musique quasi-religieuse, une sorte de rituel dont l’ordonnancement formel échappe au cadre de la musique pure. Les « Naufragés » dont il est question ici, c’est nous, ce sont les êtres humains. Je suppose que je vois la vie terrestre comme un naufrage dont l’issue – pouvant aller de l’anéantissement dans les flots sombres de la douleur à l’abordage à l’abordage d’une île aux rivages idylliques – dépend de notre volonté et de notre destin. En outre, peut-être ne faut-il pas voir comme un hasard le fait que les deux écrivains des deux parties extrêmes (Paul Celan pour la première et Virginia Woolf pour la dernière) aient tous les deux de mourir par noyade. »
L’Office des Naufragés, qui porte en exergue une définition de l’homme selon Sri Aurobindo, « Un voyageur entre la cime et l’abîme », est une Rose à treize pétales à contempler dans le silence de l’être.