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Ce livre est une approche de l’expérience de l’éveil, en deux parties. Dans la première partie, Erik Sablé tente de donner le pressentiment ce qui ne peut être défini, cet état de basculement dans le réel appelé parfois satori, nirvana ou autre.

Dans la seconde partie, il rassemble des écrits d’êtres ayant vécu, intégré cette expérience et laissé une trace, orale ou écrite. La plupart des éveillés en effet ne laissent aucune trace. Ces témoignages sont donc précieux si l’on se souvient du caractère nécessairement elliptique du langage.
Erik Sablé met justement le lecteur en garde. L’illumination n’est pas tout. L’expérience, aussi bouleversante soit-elle, nécessite un long travail d’intégration :
« En fait, ces expériences d’illuminations amènent souvent un déphasage entre la structure ancienne de la psyché, restée inchangée, et l’expérience spirituelle. Ce sont deux « vibrations » qui ne peuvent s’accorder. D’où les désordres émotionnels qui en résultent.
Un travail d’intégration est donc nécessaire. C’est-à-dire que le disciple devra acquérir la transparence nécessaire. Il devra suivre une démarche spirituelle, développer une humilité vraie. C’est ce que certains enseignements appellent l’œuvre au noir, le passage par la nuit. L’être se défait des « scories ». Il devient semblable au petit enfant, calme, nu, en accord avec le flux de la vie. Le corps émotionnel est recomposé selon un nouvel ordre pour pouvoir « vibrer » en harmonie avec la prodigieuse énergie de l’éveil sans être brûlé ou sans que l’expérience spirituelle soit déviée par des éléments égotiques mal intégrés.
Peu à peu la transmutation progressive de la psyché permet d’absorber « L’Esprit », qui forme avec le corps une unité nouvelle.
En fait, l’éveil n’est pas la réalisation spirituelle. C’est un éblouissement, une brûlure qui peut laisser l’être désemparé lorsqu’il se produit en dehors d’un cadre traditionnel.
Un être traversé par une expérience d’éveil parle, écrit. L’ego est toujours présent et il veut communiquer son vécu. Au contraire, l’être réalisé demeure dans le secret. Il ne laisse aucune empreinte sur le sable de la vie. Il est silencieux comme le grand océan.
Toute trace d’ego a disparu et il se meut sans faire de vagues. Invisible.
Seul un tel être est dans la compassion et peut réellement aider les autres, par sa simple Présence, sans exercer une emprise, un pouvoir. »