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C’est un très bon livre qu’a écrit Jean-Marc Vivenza sur ce courant majeur de l’illuminisme qu’est le martinisme. En traitant le sujet à partir de la vie et de l’œuvre de chacun des trois grandes figures de ce courant, Martines de Pasqually, Louis-Claude de Saint-Martin et Jean-Baptiste Willermoz, Jean-Marc Vivenza présente les trois aspects les plus connus et les plus importants, mais aussi les plus mal connus, de ce que recouvre le terme de martinisme.

Martines de Pasqually et son Ordre des chevaliers maçons élus coëns de l’univers, Saint-Martin et sa théosophie, Willermoz et sa chevalerie véhiculent tous les trois, par la théurgie, par la mystique, par la symbolique, la doctrine dite de la « réintégration ».
D’accord en cela avec Robert Amadou, Jean-Marc Vivenza rappelle donc en préalable les quatre acceptions dans lesquelles peut être entendu le mot « martinisme » avant de présenter les trois composantes structurées de ce courant : doctrine, pratique, influence, personnalités essentielles et de dégager le martinisme du fatras de représentations erronées, voire de superstitions, qui encore aujourd’hui, polluent son expression.
« Quel terme, plus que celui de « Martinisme », peut prétendre bénéficier d’une telle réputation d’étrangeté, de suspicion, voire de crainte, tant ce nom est entouré d’un épais voile de mystère créant autour de lui une profonde et solide opacité qui semble bien difficile, pour ne pas dire impossible à dissiper. Tout concours, reconnaissons-le, en raison de la nature de ce courant original, à rendre extrêmement complexe, pour le commun des mortels, et même des initiés, une juste perception des buts et des travaux qu’il poursuit. Certes, comparativement aux innombrables études portant sur la Franc-Maçonnerie, et de par son caractère propre relativement fermé et silencieux, bien peu de choses ont été imprimées ces dernières années sur le sujet, et celles qui le furent sont, hélas, loin d’être toutes porteuses des vérités qu’il serait nécessaire de retrouver en ces matières où doivent, normalement, seules dominer la grâce de l’esprit et la simplicité du cœur.
C’est pourquoi, il nous est apparu fort utile par cet ouvrage, alors que la confusion règne largement, et afin de contribuer à ce qu’une bienfaisante lumière puisse venir éclairer les authentiques chercheurs, les « hommes de désir » sincères habités par une juste intention, de porter à la connaissance de ceux pour qui les réalités du Ciel sont déjà celles de la terre, les éléments significatifs permettant de mieux comprendre ce qu’est l’authentique spiritualité Martiniste, sachant que l’essentiel se situera toujours dans le lieu où se déroule l’œuvre selon l’interne, à savoir l’inaccessible domaine de l’ineffable Vérité.»
Ce livre balise donc le terrain, indique les fondations, les chemins, les repères.
Bien entendu, seule la pratique exigeante, de l’ensemble des opérations des élus coëns, d’une part, de la voie interne d’autre part, de la bienveillance enfin, peut révéler l’enseignement secret des maîtres du passé, non que cet enseignement soit caché, il est disponible pour tous mais illisible hors du cœur, du centre de toute chose, là où la Chose agit.
Jean-Marc Vivenza pose, ou rappelle, le cadre, utilement pour les débutants qui ne s’égareront pas, comme pour les pratiquants qui sauront ainsi repérer où ils en sont. Il identifie clairement, et c’est de première importance, la théosophie saint-martinienne comme véhicule d’une voie directe, sans autre médiateur que le Christ.

texte: Le Crocodile, http://lettreducrocodile.over-blog.net