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Quand on aborde la question des rapports entre cinéma et Franc-maçonnerie, on pense immédiatement au film de propagande anti-maçonnique Forces occultes et au célèbre film L’homme qui voulut être roi.

On soupçonne rarement la richesse et l’étendue des références, explicites ou implicites à la Franc-maçonnerie dans le cinéma. Le livre, très réussi, d’Harry Swerts est donc une révélation en même temps qu’une aventure intellectuelle. Si l’on sait la richesse symbolique, voire la fonction symboligène, de certains films (pensons à la récente trilogie Matrix), on est moins enclin, moins porté, à distinguer les allusions maçonniques. Au fil des pages de ce livre, c’est un nouveau cinéma parlant qui se présente aux Enfants de la Veuve : Les copains d’Yves Robert, L’Ange exterminateur de Bunuel, Témoin innocent, Le parrain, Le complot, Ne réveillez pas un flic qui dort… de très nombreux films sont porteurs d’allusions maçonniques.
Certains films sont porteurs d’une dimension initiatique, non spécifiquement maçonnique, dès lors qu’ils mettent en scène une quête, intérieure ou/et guerrière, Star Wars par exemple, d’autres intègrent clairement une référence à la Franc-maçonnerie. Parfois, relativement souvent même, ce sera pour en dénoncer les dérives affairistes, le pouvoir. En d’autres cas, ce sera pour mettre en avant l’intégrité des frères ou des sœurs, la fraternité qui les unit, ou les nobles idéaux de l’Ordre.
Le plus étonnant, c’est de constater, de Mickey à Sherlock Holmes, en passant par Zorro, la multiplicité et la grande variété des indications maçonniques. L’auteur a organisé ce voyage dans le monde merveilleux du cinéma par grands thèmes : De Forces occultes au Maccarthysme – Signes et attouchements – De Alamo à Zorro – Les Carbonari, les Trois Mousquetaires, la Table Ronde et les autres – Les docteurs, savants et scientifiques fous – Les affaires, les réseaux, les lobbys – Initiation : de l’approche, du parrainage, de la réflexion, du grand saut, et de la renaissance – Bijoux, attributs, allusions, ou de l’affichage de la force, de la sagesse et de la beauté – En conclusion, ils sont partout. Depuis les vieilles luttes jusqu’à la science-fiction – En guise de post-scriptum. Encore et encore le temple n’est jamais fini.
A travers les rapports entre cinéma et Franc-maçonnerie, Harry Swerts nous invite à mesurer en réalité l’imbrication entre la société contemporaine et la Franc-maçonnerie, l’une se nourrissant de l’autre, l’autre vivifiant l’une avec plus ou moins de bonheur, selon qu’elle est elle-même en bonne ou en mauvaise santé. Ce livre est un voyage inédit dans le 7ème art. C’est aussi une déambulation surprenante dans le temple maçonnique. Il convient de saluer le travail de l’auteur qui nous offre là un très beau cadeau.
« Le travail que j’ai fait, explique Harry Swerts, n’est ni définitif ni complet. J’ai voulu un outil pour aider ceux qui, curieux comme moi, essayent de comprendre, d’apprendre, d’approcher la Franc-maçonnerie par une voie différente, via, et pourquoi pas, celle ouverte par le 7ème art. J’ai traité le sujet comme un grand jeu de piste, pas spécialement destiné à une catégorie de spectateurs, ni aux spécialistes du symbolisme. Les fanas d’Almodovar, de Godard ou de cinéma chinois ne s’en prendront pas plein les mirettes. Ceux qui recherchent les révélations sur l’écartèlement du compas ou sur les petites tyrannies occultes ne trouveront rien dans la naïveté des images allusives trouvées, des symboles montrés.
Une partie des lecteurs pourrait être déçue de se laisser entraîner dans cette prospection obsessionnelle qui cherche entre caricature et réalisme, entre histoire et spiritualité, à donner une dimension intéressante, à prendre du recul, à briser les mythes enracinés dans la légende qui devient le réel.
J’ai, de plus, la conviction que le cinéma est le genre par excellence où s’affûte le langage des symboles. J’ai essayé d’éviter la confusion courante entre symbolisme et allégorie.
Il est certain que les réalisateurs, les auteurs, les comédiens, les techniciens ne sont pas tous francs-maçons. Pourtant, je crois au clin d’œil, au private joke qui en font la forme d’imagination, jamais innocente, qui permet d’injecter un repère universellement identifiable. Il m’a fallut voir et lire, avec une pertinence qui n’est pas sans failles, car certains signes relèvent de la plus haute fantaisie ou provoquent un amalgame préjudiciable.
Si je m’adresse au profane comme à l’initié, au cinéphile comme à l’apprenti, au compagnon ou au maître, c’est pour leur ouvrir des pistes, des voies de réflexion en évitant de juger les options, les interprétations, les critiques que choisira le lecteur informé ou le simple curieux. »