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Ces Méditations sur le chemin du bonheur sont caractéristiques de la personnalité et du parcours atypique d’Anthony de Mello (1931-1987). Jésuite d’origine indienne, il a voulu harmoniser hindouisme, psychothérapie et tradition ignatienne.

Par son chemin et sa parole, il a proposé une perspective originale, parfois décapante, sur l’expérience spirituelle, qui ne saurait laisser indifférent, la « mystique de l’action désintéressée ». Ces méditations constituent en quelque sorte les mémoires de ce chercheur.
Par des mots simples, au plus proche du quotidien, il invite le lecteur à poser un autre regard sur le monde et sur lui-même et à découvrir cette liberté intérieure sans laquelle nous ne saurions transformer le monde.
« Pensez à la nature du sentiment que vous ressentez lorsque quelqu’un fait votre éloge, quand on vous approuve, vous accepte, vous applaudit. Et comparez ce sentiment avec celui qui surgit en vous au spectacle du lever ou du coucher du soleil, ou de la nature en général, ou à la lecture d’un livre, ou lorsque vous regardez un film que vous appréciez sans réserve. Goûtez ce sentiment et comparez-le au premier, c’est-à-dire à celui suscité par la louange. Le premier sentiment, vous le constatez naît de l’autoglorification, de l’autopromotion. C’est un sentiment terrestre. Le second vient de l’accomplissement, de la plénitude, c’est un sentiment de l’âme.
Une autre comparaison : pensez à ce que vous ressentez quand vous réussissez quelque chose, quand vous arrivez à vos fins, quand vous atteignez un sommet, quand vous gagnez, que ce soit au jeu ou ors d’un pari, ou quand vous l’emportez dans une discussion. Comparez maintenant ce sentiment avec celui ressenti lorsque vous appréciez vraiment votre travail, lorsque vous êtes absorbé par votre tâche. Vous remarquerez, ici encore, la différence qualitative entre le sentiment terrestre et le sentiment de l’âme. »
C’est ainsi, par petites touches, qu’Anthony de Mello conduit son interlocuteur à modifier son rapport au monde, partant de ce qui est là, travail, couple, enfants… pour toucher insensiblement à ce qu’il y a de plus profond.