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Henry Miller aurait aimé connaître la bibliothèque des auteurs qui ont compté pour lui, c’est donc très naturellement qu’ils nous parlent de sa bibliothèque idéale et des auteurs qui l’ont marqué, parmi eux de nombreux écrivains français dont Céline, Giono, Fournier…

Plus que les auteurs eux-mêmes, c’est la juxtaposition de ceux-ci, leur rencontre improbable dans le cerveau de Henry Miller qui fait l’intérêt de ce livre. D.H. Lawrence côtoie Rider Haggard, Lao-Tseu croise G.A. Henry, John Cowper Powys approche Dostoïevski.

Pour Miller, vie et mort, échec et réussite, sont si proche qu’on ne peut les désunir. Plutôt qu’une froide leçon de littérature, c’est une leçon de vie qu’il nous offre dans laquelle la littérature est un cœur battant :

« Tout cela pour dire que les livres que j’ai le plus de plaisir à lire sont ceux qui me mettent en rapport avec l’incroyable nature de l’être humain. Rien de ce qu’on attribue à la puissance ou à la gloire de l’homme n’est pour me surprendre. Je crois volontiers à tout ce qui concerne l’histoire de notre terre et des merveilles qu’elle comprend. Plus j’en viens à être dégoûté par ce qu’on appelle « l’histoire », plus j’ai haute opinion de l’homme. Si je me passionne pour l’existence des artistes, dans tous les domaines, je m’intéresse plus vivement encore à l’homme dans son ensemble. Dans ma brève expérience de lecteur du verbe imprimé, il m’a même été donné d’assister à des merveilles qui dépassent l’entendement. Même s’il ne s’agissait que des « imaginations » d’écrivains inspirés, leur réalité ne s’en trouve nullement atteinte. Nous sommes aujourd’hui sur le seuil d’un monde où rien de ce que les hommes osent penser ou croire n’est irréalisable. »