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Nous avions attiré votre attention sur le travail des Editions Durante lors de la réédition du Livre des damnés de Charles Fort en 1996. Depuis, cette maison n'a cessé de nous offrir des textes introuvables pour enrichir notre bibliothèque du fantastique. Elle nous fait aujourd'hui un nouveau cadeau en débutant la publication des úuvres complètes d'un auteur qui fut une célébrité des années 50-60.

Avec Doom City, nous avons donc l'occasion de découvrir une grande romancière de la seconde moitié du XXe siècle, Marianne Andrau (1905-1998), tombée malheureusement dans l'oubli, bien que son ouvrage Les Mains du manchot, publié en 1953, soit alors salué par la critique comme une " révélation ".
Le livre, étrangement visionnaire, met en scène l'humanité dans ce qu'elle a de plus sordide, avec cette beauté fascinante propre à l'autodestruction. Marianne Andrau sait mêler l'horreur et le merveilleux, jouer de toutes les oppositions pour nous projeter dans un monde hallucinant. Voyage initiatique dans les recoins les plus sombres de la psyché humaine, ce livre pose à travers son héros la question du sens même de l'existence humaine :
" Brandt s'était tournée vers celle que Torrène appelait l'enchanteresse bleue. Quel rôle jouait donc Flüe dans ce qui se tramait ? Le sort de l'humanité entière semblait en jeu.
La forme pâle, creusée dans l'ombre de la Caverne, continuait à se tenir muette et immobile.
Quoi qu'il en fût, sa présence rassurait Brandt.
Il releva les yeux vers ce Doom City visible là-haut. Quelque bizarre " cérémonie " s'y déroulait.
Comme une hémorragie subite, de toutes les maisons occupées par des mannequins ; de tous les mannequins debout dans les rues, émergeaient des formes de flamme. "
Quand le fantastique se fait littérature.