Sur un plan théologique : affirmatif et négatif doivent s’interpénétrer selon la théologie de Nicolas de Cuse (la via eminentiae, XVème siècle) qui développa la « docte ignorance » où les opposés se rejoignent à l’infini et non selon une théologie négative (théologie apophatique) qui tend à définir Dieu par ce qu’il n’est pas (la via negativa du Pseudo-Denys, Vème et VIème siècle).

Sur un plan humain : Nicolas de Cuse écrivait que « l’intellect est traversé par quelque chose qui lui échappe et qui le constitue… ». La raison ne peut accéder qu’au possible mais dans l’âme humaine réside ce quelque chose qui est capable de l’impossible : réaliser ses potentialités… distinguer le possible (l’éventualité) du potentiel (latent)… concilier la mystique (expérience de la foi) et le saisissement de l’être (raison), l’unité des antagonismes à travers les différents niveaux de réalités.

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En conclusion, de citer Jean Bédard : « la raison a conscience qu’elle ne perçoit que les traces de l’intelligence sur le sable de la mémoire ».
Une intervention passionnante de Thierry Magnin (18 min), filmée à l’Unesco lors du Colloque « A la confluence de deux cultures : Lupasco aujourd’hui» et organisée par Basarab Nicolescu.